14 octobre 2009

La France bientôt l’égale du Maranhão ?

La future probable nomination sous forme d’élection de Monsieur Jean Sarkozy à la tête de l’établissement public de la Défense permet à la France de se rapprocher du Maranhão et de la dynastie Sarney.

Pour être tout à fait à la hauteur, il faut souhaiter que le prochain rejeton de Jean Sarkozy, dont le prénom pourrait être David en hommage au vieux pote Martinon, soit nommé au plus vite président d’honneur du pôle d’enseignement supérieur Léonard-de-Vinci des Hauts-de-Seine.

C’est à ce prix-là que les Sarkozy pourront se vanter d’égaler les Sarney. Le plus tôt serait le mieux, en particulier cette année qui se veut l’année de la France au Brésil.

06 octobre 2009

Hécatombes

En soi, le vol d’armes ne sert à rien ou presque. L’assassin de Rosimar n’a pas tardé à faire usage de l’arme volé, en tentant le hold-up d’une casa lotérica, avec la complicité d’un cousin de 18 ans et d’un copain. Nous ne saurons pas le nom de cet assassin puisqu’il n’a que 16 ans et que la loi le protège de toute publicité. Nous savons simplement qu’il s’agit d’un récidiviste.

On peut se dire : c’est bien qu’il ait été arrêté. C’est sans doute juste. Mais cela ne changera rien à la spirale de la violence en cours. Officiellement, la peine de mort est interdite au Brésil. De facto, le Brésil est un des pays qui, avec la Chine, applique le plus la peine capitale. Sans faire pour autant baisser les statistiques. Que faire ? Franchement, je n’en sais rien. Il semble qu’il soit trop tard. Les causes sont connues : la faillite de la famille, la misère, le goût du gain facile. Tout cela nous est loué à longueur de journée par les chaînes de télévision, voire par les entreprises et leur langage poussant au crime.

En France, le quotidien Le Monde nous relate une hécatombe. Cela se passe chez Gallimard et l’auteure de l’article en est à ce point remuée qu’elle en commet une faute d’orthographe des plus grossières [sortirent au lieu de sortir].

03 octobre 2009

Une étincelle dans la tête

Mes chers amis,

Vous êtes quelques uns à vous demander, certains à me demander directement, la raison de mon silence.

Sans entrer dans les détails, je puis vous dire ce qui suit. Je me suis couché un soir dans mon lit et me suis réveillé à l’hôpital. Ce qui m’est arrivé, j’en ignorais jusqu’à l’existence. Il s’est agi d’une crise de convulsions nocturne. Un moment effrayant pour Etel, qui m'a vu les yeux révulsés, la bouche écumante, le corps secoué de convulsions, un moment dont je n’ai aucun souvenir. Une déflagration dans mon cerveau, selon les neurologues.

Quelle est la cause de cet événement ? De quoi est-il le signal ? Les médecins n’ont guère d’espoir de répondre à ces questions. Pour certains, je suis condamné à prendre un anti-convulsif jusqu’à la fin de mes jours, ne plus boire une goutte d’alcool, l’alcool étant contre-indiqué pour qui prend ce type de médicament. De plus, les nuits blanches me sont interdites.

Une des conséquences de cette crise sont les douleurs musculaires qui m’empêchent pour l’instant tout effort physique. Un orthopédiste a même diagnostiqué la fracture d’une vertèbre. Un autre m’a heureusement démontré que cette fracture n’avait rien à voir avec les convulsions. Reste d’ailleurs un mystère, j’ignore quand j’ai fracturé cette vertèbre.

Et puis hier matin, je me suis rendu au centre de diagnostics de l’Unimed pour subir un examen de résonance magnétique. J’étais dans la tenue offerte par l’hôpital, à quelques minutes de me glisser dans la machine, quand nous avons soudain entendu des cris et vu des médecins et des infirmiers courir en tout sens, ouvrant des tiroirs et en sortir des sérums et des pansements. Le gardien à l’entrée du centre de soins venait de recevoir une balle dans le cou. Des patients s’étaient évanouis... La jeune femme qui devait me faire subir l’examen n’était évidemment plus en état de travailler. Je l’ai consolée comme j’ai pu.

Malgré tous les efforts, Rosimar — c’était son nom — a fini par décéder après trois arrêts cardiaques et le manque d’irrigation de son cerveau par la carotide. Rosimar avait 24 ans. Il laisse une veuve et une petite fille de 4 ans. Comment aurais-je pu imaginer que le gardien qui m’avait aidé à ouvrir la porte une heure plus tôt vivait ses derniers moments ? Mes malheurs de santé me paraissent aujourd’hui bien dérisoires.

Rosimar a été enterré cet après-midi au cimetière de Maruípe. Les employés du centre de diagnostics qui n’étaient pas de service aujourd’hui se sont tous rendus à son enterrement. Repose en paix, Rosimar.

09 septembre 2009

Turbulences au lendemain de la visite de Monsieur Sarkozy au Brésil

Monsieur Sarkozy est venu, a vu Lula et... n’a rien obtenu. Et pourtant que n’a-t-on entendu chanter le coq en chef et les coquelets depuis deux jours !

Dans les faits, nous en sommes exactement au même point que celui résumé dans mon billet précédent. Lula a répété à Sarkozy ce qu’il avait déclaré la veille de sa visite aux journalistes de TV5 Monde, à savoir sa préférence personnelle. Quand on connaît l’immense faculté qu’a Lula de se contredire d’un jour à l’autre, ce n’est déjà pas si mal, me direz-vous. Bref, Dassault n’a certes pas perdu le contrat de ses rêves. Mais ne l’a pas non plus encore gagné.

06 septembre 2009

Turbulences à la veille de la visite de Monsieur Sarkozy au Brésil

Jamais un chef d’État ou de gouvernement français ne semble s’être intéressé autant au Brésil que Monsieur Sarkozy. Il y sera demain à l’occasion de la fête nationale brésilienne, quelques mois après y avoir séjourné à titre officiel comme à titre privé. Mais, contrairement à Clemenceau et de Gaulle, Monsieur Sarkozy n’a pas encore été crédité d’une de ces fortes phrases qui fleurent bon l’ironie à l’égard du Brésil.

L’occasion lui en sera-t-elle donnée demain ? On peut en douter car c’est l’argent des armes qui attire à Brasília le commandant en chef des exportations françaises. Il serait donc malvenu de manier l’humour à un moment aussi délicat. D’autant que les sommes en jeu paraissent considérables. Si considérables qu’il est d’ailleurs impossible d’en avoir une idée juste, tant les termes du contrat de partenariat stratégique entre la France et le Brésil sont floues. Ce qui n’a rien pour surprendre, compte tenu de la nature d’affaires par définition vouées au secret.

C’est cette opacité qui favorise bien des turbulences au Brésil. Les rumeurs vont bon train pour dénoncer cet accord. On peut comprendre que des militaires brésiliens qui ont biberonné aux États-Unis préfèreraient d’autres fournisseurs. Ou que des entreprises allemandes écartées pour la livraison de sous-marins fassent une sale réputation au Scorpène. C’est de bonne guerre et on peut imaginer que du côté français on ne se prive pas non plus de ces armes conventionnelles.

Tout n’est d’ailleurs pas ficelé. Et l’on rêve encore, du côté de chez Dassault, de pouvoir annoncer au plus vite l’achat par le Brésil des fameux Rafales dont les exportations n’ont toujours pas décollé.

Il y a aussi un autre débat, sans doute le plus sensible, sur l’utilité que représente pour le Brésil un tel investissement, alors qu’il y a au sol d’autres guerres à mener, contre la misère ou contre le trafic de drogue. D’autant que l’on peut se demander de quels ennemis le Brésil parle lorsqu’il évoque des menaces sur ces gisements pétroliers off-shore. À bien y réfléchir, je n’en vois qu’un de sérieux, même s’il peut paraître improbable : les États-Unis. Ce qui en soi justifierait aussi de ne point s’approvisionner en armements chez eux. Qui sait si, demain, mis à genoux par la Chine, la plus grande puissance militaire actuelle ne sera pas tenté d’user le dernier atout qui lui restera, celle du feu ?

02 septembre 2009

Pré-sal et prés salés

Ça chauffe autour du pré-sal, cette zone off-shore où sous une épaisse couche de sel reposeraient d’importants gisements de pétrole, qui font tourner la tête aux politiques brésiliens.

« Pré-sal », cette expression fait inévitablement refluer à la surface de ma mémoire les prés salés. Sans doute le souvenir d’un de ces gigots au goût de mer mal digéré à la table dominicale de mon enfance. Qu’a-t-on idée de manger de la viande de mouton qui pue le poisson pourri ! L’homme est décidément un sacré pervers.

C’est peut-être cette difficulté à me débarrasser de cette infâme odeur qui fait que chaque fois que j’entends ou lis l’expression « pré-sal », j’ai le plus grand mal à réprimer un haut-le-cœur.

Donc le Président, les gouverneurs des États concernés (ES, RJ et SP), les libéraux et les soi-disant moins libéraux, tout le monde défend bec et ongles sa part du futur gâteau. Un gâteau pourtant tout théorique. Qui ne lèvera peut-être jamais.

Dilma croit y voir le moyen pour le Brésil d’en finir avec la misère. Comme si le pétrole représentait autre chose que, dans le passé, le pau brasil, la canne à sucre, l’or, le caoutchouc ou le cacao. Pre-sal ou pas, gisements gigantesques ou pas, une certitude : le pétrole ne changera pas la face du Brésil. Si quelque chose peut changer la face du Brésil, ce quelque chose, c’est le peuple brésilien. Et là...

Les plus drôles dans cette polémique, ce sont ceux qui défendent la plus large ouverture possible aux investissements étrangers. Comme si les étrangers avaient envie de se jeter sur le pré-sal avec le même appétit qu’ils se sont jetés sur l’Arabie il y a un siècle ! Les étrangers dont il est question ont fait leur calcul : pour la plupart, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Je me demande d’ailleurs si Lula ne l’a pas compris. Du coup, il a beau jeu de se draper dans une posture nationaliste...

En tout cas, nous n’y verrons clair que dans de nombreuses années. Officiellement pas avant 2015. Soyons réaliste, disons pas avant 2020. 2020 ! Si en 2020, l’homme occupe encore la surface de la Terre, c’est qu’il aura mis la pédale douce sur la pompe à pétrole.

Comme ce matin je suis optimiste, je crois que l’homme fera encore la fête à la surface de la Terre en 2020. Et que deux ou trois générations parviendront à survivre. Jusqu’au baisser de rideau. Définitif. Je vous le disais, je suis un indécrottable optimiste !

30 août 2009

Agenda capixaba













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26 août 2009

Sebastião Salgado

« [...] en réalité, nous avons découvert bien peu de choses ces derniers millénaires. »

Sebastião Salgado est arrivé à Vitória à l’âge de 16 ans. C’est ici qu’il a commencé ses études universitaires, avant de les achever à Paris. Et c’est ici qu’il possède l’une de ses deux principales résidences, l’autre se trouvant à Paris. Des résidences qui sont d’abord des lieux de repos, entre deux voyages.

À l’occasion de son séjour actuel dans la capitale capixaba, A Gazeta publie un long entretien avec le maître, que vous pouvez lire en cliquant ici.

24 août 2009

Agenda capixaba

23 août 2009

Distances abolies

C’est le mois d’août, un mois d’hiver tropical, avec ses hauts et ses bas, ses hautes et basses pressions, c’est le mois des distances abolies. C’est le mois d’août et c’est aujourd’hui un jour froid et gris, comme un jour d’été parisien, comme un dimanche raté au cœur de l’été francilien sur notre île offerte aux vents changeants.

Si je fais une requête en ces termes — distance abolie — sur un butineur, je tombe de pas très haut sur la mondialisation, sur Mallarmé, sur une conversation familiale entre Carl à Bruxelles et Alice et Benoît à JoBurg.

C’est le mois d’août et c’est le mois des distances abolies au cinéma Metrópolis. L’occasion de découvrir de nouvelles interprétations de la distance abolie. Qui n’a jamais rêvé d’écrire sur les murs à jets de bombes ? Il y a très longtemps, longtemps avant que les tags fleurissent sur les murs comme le chiendent dans les prés, ne vous est-il pas arrivé de cracher votre venin, que vous croyiez révolutionnaire, à la façade d’un bâtiment officiel au cœur d’une zup, espèce de blogueur de mes deux ? Avez-vous remercié les jeunes flics qui vous avaient réprimé avec gentillesse, une gentillesse de ce temps-là, très lointain, la gentillesse de jeunes flics qui rêvaient eux aussi de lendemains qui chanteraient, une gentillesse perdue dans le lointain ?

Hier comme aujourd’hui, qui n’a rêvé d’écrire sur les murs sans jets de bombes ? Aujourd’hui, plus besoin de se salir les mains, il suffit de pointer son arsenal technologique sur les murs les plus inatteignables de la ville pour livrer un message urbi et orbi. Un architecte et un ingénieur, Evan Roth et James Powderly, l’ont rêvé. Au point d’abandonner leur boulot. Au point d’abolir les distances. Pour dire au monde qu’il y a encore de l’espoir. L’espoir, cette laisse de la liberté. Une laisse, ici, qui revêt la forme d’un rayon lumineux. Un rayon qui laisse écrire, l’espace de quelques secondes, que des révolutions restent nécessaires, impératives. Des Lumières et de la Révolution de 1789 – 1793, sommes-nous passés à la lumière et à la révolution ordinaires ?

Throwies. Le procédé est si inoffensif que des publicitaires ont eu vite fait de tenter de le recycler à leur profit. Vieille rengaine. La rengaine du capitalisme qui recycle jusqu’à l’anticapitalisme, qui dévore les entrailles de ses ennemis tombés à terre, qui semble devoir grossir à l’infini. Jusqu’au jour où...

C’était hier samedi et Chaudanne nous a entretenu de l’Inde et du Brésil, ces deux pays adorateurs de la chose bovine, chacun à sa façon. Là, la vache mère. Ici, le bœuf mâle castré, bumba meu boi... Et, à la faveur d’une question, nous avons (re)fait le chemin de Besançon à Calcutta, de Besançon au Sahara, de Besançon à Teresina. Et c’était vachement bien. Vachement distant.

20 août 2009

Agenda capixaba

Du choro, un de mes genres musicaux préférés. Et du bon.