07 avril 2014

Elles l'ont bien cherché

C'est une histoire en trois épisodes. Une histoire vraie.

D'abord, c'est la divulgation par un institut d'études économiques (IPEA) d'un sondage qui révèle que près des deux tiers des Brésiliens, hommes et femmes confondus, trouvent que les femmes incitent au viol lorsqu'elles ne sont pas suffisamment vêtues. Du côté des médias, du gouvernement et notamment de la présidence, c'est la stupeur ! À moins de trois mois du début de la Coupe du monde (de football, je le rappelle pour les lecteurs distraits) au Brésil et avec l'afflux de journalistes étrangers qui a déjà commencé, ça fait mauvais effet.

Deuxième épisode, une dizaine de jours plus tard, l'IPEA annonce que ce résultat était tout faux et tente de nous donner des explications sur cette lourde erreur. Ouf, nous pouvons respirer, l'image du Brésil est sauve. Les Brésiliens ont certes bien quelques petits défauts – ils ont du retard à livrer leurs stades de football pour la Coupe, par exemple – mais, non, les Brésiliens ne sont pas plus machistes que les Suédois ou les Coréens.

Troisième temps, personne au Brésil ne croit aux explications données par l'institut en question. Et d'ironiser : si cette étude est totalement fausse, comment se fier à toutes celles qui l'ont précédée, sur les sujets les plus divers ? En effet ! Qui disait il y a déjà longtemps que le Brésil n'était pas un pays sérieux ? La réponse a fait l'objet d'un article de ce blog, il y a déjà longtemps, elle aussi...

09 mars 2014

Le Brésil, société guerrière ?

En lisant aujourd'hui une interview de Bertrand Badie dans Mediapart, à propos de l'évolution des guerres, qui seraient selon lui « sans destin ni fonction », je me suis demandé si sa réponse à une question – Les sociétés guerrières que vous décrivez ne rendent-elles pas les conflits beaucoup plus difficiles à arrêter, puisque ces sociétés protègent et entretiennent ceux qui font la guerre ? – ne nous parlait pas aussi, curieusement, du Brésil, alors qu'a priori il est plutôt question des conflits qui touchent des pays comme la République centrafricaine, le Mali, la Somalie. Voici la réponse : 

« Oui, parce qu’une société guerrière, c’est un fait social total, comme disait la grande théorie sociologique. La guerre englobe tout : l’économie, le crime, mais aussi l’éducation, la religion, la protection sociale – combien d’individus dans les pays du Sud n’ont que la guerre comme ressource pour survivre, ce qui peut paraître paradoxal mais s’avère de plus en plus courant ? La société guerrière existe aussi dans la durée : nombre de conflits durent fort longtemps, couvrant des générations entières qui n’ont jamais connu la paix et c’est ainsi que, peu à peu, une société se transforme en espace guerrier. Enfin, la société guerrière crée une culture guerrière : les individus se définissent les uns par rapport aux autres non pas dans un rapport de coexistence mais d’affrontement quasi permanent et total. Cela aboutit à ces éléments si importants dans les sociétés guerrières que sont les milices, les chefs ou les « seigneurs » de guerre, toutes formes d’autorité qui dérogent complètement à la logique de l’État et de la hiérarchie politique classique.

« La grande question qui se pose est donc de savoir ce qu’il convient de faire quand une société devient guerrière et comment arrêter le processus. Car les acteurs qui s’imposent dans ces circonstances, les pratiques qui s’instituent et les jeux qui se dessinent, aspirent évidemment à la permanence. Cela aboutit parfois à un point où négocier peut paraître contre-productif. Un « seigneur de la guerre » qui négocie la paix risque de perdre son autorité et tous les acquis liés à sa fonction. La négociation devient infiniment plus difficile que dans une guerre classique où s’opposent deux États qui, à un moment donné, réaliseront qu’il est bon pour eux d’arrêter l’affrontement et de passer à une solution politique. Soit parce qu’un de ces États a le sentiment qu’il va perdre en continuant à faire la guerre, ou au contraire qu’il obtient l’avantage optimal qui lui permet de négocier en position de force. Tout ce langage bien connu de la diplomatie classique n’est pas transposable aux nouveaux conflits. »

Ce que j'ai souligné ici trouve un étrange écho à propos du Brésil. Car, enfin, comment expliquer que la violence ne cesse d'y prospérer ? Cela reste pour moi un mystère, car si des faits objectifs comme les inégalités sociales sont clairement une des causes de cette violence, cela n'explique pas entièrement la violence. D'autres pays, qui connaissent les mêmes inégalités, ne produisent pas un tel niveau de violence.

Le Brésil est un pays où des territoires entiers – les enclaves que sont, par exemple, les favelas – sont le lieu de conflits incessants qui durent bien depuis des générations, conflits qui opposent des milices et des caïds du trafic de drogue, les uns et les autres imposant leurs lois aux populations de ces territoires. Là, c'est aussi, comme le dit Bertrand Badie, une société guerrière créant une culture guerrière, utilisant des médias comme YouTube pour se mettre en scène et diffuser ses propres messages, en compétition avec les télévisions classiques.

Enfin, il n'y a pas de doute que, dans les enclaves dont nous parlons, les formes d'autorité qui prévalent dérogent à la logique de l’État et de la hiérarchie politique classique. À la fin de l'interview, il est question de savoir quelles seraient les alternatives aux interventions actuelles, comme celles de la France en Afrique, « qui ne fonctionnent pas ». Bertrand Badie est lucide, il n'en voit pas pour l'instant. Je peux ajouter, revenant au Brésil, que je n'en vois pas non plus concernant la violence y régnant. Il me semble que dans cinquante ans la même violence continuera à prévaloir, quelles que soient les politiques employées. Et c'est plutôt désespérant.

27 février 2014

Il ne s'agit pas de se rouler une pelle

Depuis un certain temps, en fait un incertain temps, il semble devenu de bon ton de se faire prendre en photo en train de sceller un selinho, un bisou superficiel où l'on se contente d'effleurer les lèvres l'un de l'autre, une mode plus marquée encore lorsque les deux protagonistes sont du même sexe. Depuis quelques mois, voire plus, depuis que cette mode a pris, relancée par une comédienne d'âge respectable, Hebe Camargo, même le quotidien Folha de São Paulo, qui se prétend au service du Brésil, ne cesse de nous offrir des selinhos à gogo.

Se coller les lèvres, sans ouvrir la bouche, sans rouler une pelle, serait devenu un acte politique face aux attaques des députés évangéliques, Marco Feliciano en tête, contre l'homosexualité. Ce qui explique sans doute pourquoi notre journal au service du Brésil nous livre chaque jour son selinho... Dans les journaux britanniques, les plus vendus en tout cas, la deuxième page était – est encore ? – consacrée à une photo de nu, féminin, exclusivement féminin. Acte politique, qui ne disait pas son nom, qui voulait marquer la supériorité du genre masculin sur le genre féminin ?

On se perd en conjectures – non, ce n'est pas un gros mot ! En revanche, l'origine de selinho est tout à fait claire : diminutif de selo, qui signifie sceau, mais aussi timbre postal. Pouvoir de la métaphore.

D'ailleurs, d'Ouganda par exemple, on se rend compte à consulter les journaux, en ligne en première ligne, que les affaires sexuelles occupent beaucoup ces temps-ci au point de devenir publiques et donc politiques. Que l'interdiction de l'homosexualité ou de la fellation par tel ou tel président, démocratiquement élu ou pas, pourrait presque se transformer en casus belli. Ne peut-on pas laisser les Ougandais décider eux-mêmes ? Faut-il rappeler qu'il n'y a pas si longtemps des cantons suisses refusaient le droit de vote aux femmes. Quel rapport ? C'est à chaque peuple de faire évoluer sa mentalité et ses pratiques, au rythme où il le souhaitera, mon bon monsieur, ma bonne dame. Le contraire ne peut être que contre-productif, nous dit Trissa Traoré, vice-président de la Fédération internationale des droits de l'homme

Mais revenons un instant aux baisers, soit dit en passant moins universels qu'il n'y paraît, si le selinho peut se traduire sans grand dommage en français par bisou, il semble qu'il n'y ait pas en portugais, du moins au Brésil, d'expression équivalente à rouler une pelle. Nous nous contentons du quasi anatomique beijo de lingua ou linguão.

Cette semaine, une affaire a secoué les réseaux sociaux brésiliens, sur Face comme on dit ici. Un numéro de France Football titrant Peur sur le Mondial a servi de caution douteuse aux activistes brésiliens de droite pour tenter de faire porter la responsabilité de tous les problèmes du Brésil à Lula, Dilma et plus généralement au PT. À partir des articles de la vénérable revue française, les auteurs de ce fake ont établi une liste de griefs, certains réels, d'autres de grossières exagérations et des inventions. Le plus drôle, c'est que certains lecteurs brésiliens lisant cela s'en prennent aux Français dans leurs commentaires, rappelant en premier lieu qu'ils puent, qu'ils jouent au football comme des pieds nickelés ou encore qu'ils ne sortiront pas vivants de la crise que connaît l'Europe. Encore heureux qu'ils ne savent pas que les Français qui se roulent des pelles, c'est une horreur !

13 février 2014

Chaleurs

Il fait chaud. Quoi de plus normal au Brésil en été ? Rien à mon humble avis, mais les journaux locaux nous disent qu'il fait anormalement chaud et que cela explique les pannes géantes d'électricité comme la surcharge minuscule des climatisations en entreprise qui oblige à fermer des agences bancaires ou des sites industriels.

Ailleurs on nous dit aussi qu'il fait chaud à Sochi. Ce n'est, semble-t-il, une surprise que pour ceux qui se refusaient d'ouvrir les yeux. Claquer 15 milliards d'euros ou même plus modestement de dollars pour organiser des Jeux à la con, c'est bien un symptôme de notre monde actuel. On voit toujours plus grand, comme s'il n'y avait pas de limite. Et il est vrai qu'il n'y a pas de limite à la folie humaine. Qu'a-t-on besoin, en effet, d'investir autant dans des infrastructures qui n'auront pas ou peu d'utilité dans le futur, alors qu'il suffirait d'organiser des jeux (en minuscule) sympas à la faveur d'installations existantes pour faire plaisir aux amateurs, dont je ne suis pas, il me faut le reconnaître.

Cette même folie des grandeurs affecte déjà le Brésil qui va bientôt accueillir la Coupe du monde de football et Rio qui accueillera en 2016 les Jeux (en majuscule, hélas) olympiques. D'ores et déjà les gouvernements russes et brésiliens font match nul quant à la sécurité : chaque pays mobilise(ra) 100.000 policiers et soldats !

Chaleurs aussi pour les organisateurs de la Copa.

À quelques semaines du début des tournoi et spectacle planétaires, tous les stades sont loin d'être prêts. C'est Curitiba qui semble tenir le pompon puisque certains envisagent un plan B, ce que dément Blatter qui garde son sang froid aujourd'hui dans une interview réalisée par mail, une spécialité, soit dit en passant, de la Folha de São Paulo. En tout cas, notre brave Suisse y manie la langue de bois à merveille et cet exercice de haut style confirme si besoin était qu'il sera difficile à écarter lors de la prochaine élection interne à la FIFA.

Que Curitiba soit en retard est une surprise pour moi, tant on m'a souvent vanté la capitale du Paraná comme un modèle pour le Brésil entier. Mais je lis aujourd'hui que la gare routière n'y dispose pas même de toilettes ni de snack-bars (lanchonetes) ! Il va falloir que j'exige des explications de ceux qui m'auraient menti.

Chaleurs bancaires

Tout ça arrange bien une fois de plus le monde de la finance. On nous apprend aujourd'hui qu'une des principales banques brésiliennes, Banco do Brasil, a enregistré des profits records en 2013, à hauteur de 15,8 milliards de reais, soit environ 5 milliards d'euros. Un jour sans doute, les concentrations de richesse, dont les résultats de certaines banques sont des symptômes, finiront bien par déclencher d'autres chaleurs, celles de citoyens réduits à la nécessité de l'émeute. Ou bien ces citoyens finiront-ils par capituler sans conditions comme leurs représentants politiques, à l'image d'un Hollande plus fringant en Amérique qu'à la maison ?

05 février 2014

Être français, être brésilien ?

Qu'est-ce qu'être français ? Dans son roman, Le Projet Fanon, l'écrivain nord-américain John Edgar Wideman propose une réponse :
« En toute justice, tous les Français, toutes les Françaises ne se ressemblent pas. Tous les cinglés ne se ressemblent pas. Peut-être. Il y a des Algériens français et des Français algériens. Pieds-noirs. Harkis. Bébés de sangs mêlés devenus adultes et petits bâtards qui ne savent pas qui ils sont. Musulmans français nés en Europe. Juifs français nés en Éthiopie, au Liban, à Chicago, Sénégalais, Indochinois, Français marocains qui se sont battus pour ou contre l'empire à Diên Biên Phu. Guérilleros métis franco-tunisiens qui ont combattu aux côtés des Palestiniens contre les Israéliens. Israéliens français, Arabes africains français qui ont appartenu au FLN avant d'émigrer et de s'installer dans les faubourgs de Paris ou en Mayenne, de tomber amoureux, qui sait, et d'élever une famille française qui a produit une génération de Suisses sénégalais, de Philippins guadeloupéens, de Bretons viêts, etc. Qu'en est-il de la mulâtre martiniquaise qui arrive à Nice après dix années passées dans l'administration française au Togo, où elle a épousé un Congolais et dont le fils épouse une Niçoise blonde dont un parent est suisse allemand et l'autre russe avec des ancêtres afghans. Quel genre de Français ça fait, ça. »
Deux remarques. D'abord, que l'on pourrait écrire la même chose des Brésiliens, à quelques détails près. La mention de conflits serait moins prégnante, a priori. Les exemples seraient différents, mais sur le fond ça ne changerait rien. Ensuite, que dans leur très grande majorité les Brésiliens sont loin d'imaginer les Français, ou les Européens en général, comme le produit d'autant de métissages. Parce que, quelque part comme on disait il y a vingt ou trente ans, ça ne colle pas avec la représentation qu'ils ont d'eux-mêmes, produit réussi de nombreux métissages, dont ils voudraient avoir l'exclusivité.

05 décembre 2013

Inhumanité

Redémarrage en douceur après presque deux mois à l'hôpital. Du moins, c'est ce que j'aurais voulu... Mais il se trouve qu'un faisceau de faits convergents m'incite à replonger côté noir. Pendant mon séjour à l'hosto, j'ai lu L'art français de la guerre, que m'avait prêté l'ami Alain, et Une vie brève, que j'avais acheté à Paris en septembre. Les deux livres ont en commun de traiter, entre autres, de la bataille d'Alger.

Et puis hier soir, l'on nous annonce la mort du général Aussaresses, mort dans son lit à 95 ans, ce sinistre acteur de la bataille d'Alger. Un salopard, pour tout dire. Qui reconnaissait avoir effectué 24 exécutions sommaires. Que l'on retrouve évoqué de près ou de loin, ainsi que ses semblables, dans les deux livres ci-dessus.

Il se trouve que le général Aussaresses et son bandeau, retraité de l'armée, je l'ai souvent croisé mangeant un sandwich le midi dans un établissement de restauration rapide du boulevard Montparnasse où il m'arrivait de reprendre quelques forces entre deux réunions. Je le regardais, assis à deux ou trois mètres de moi, sachant ce qu'il avait été. Je ne dirai pas ce qu'il m'inspirait comme sentiment, celui qui disait s'être « résolu à la torture ».

Et puis hier soir encore, France2 nous sert un portrait de cette créature dédiée à l'inhumanité. Où l'on apprend qu'après la fin de la guerre d'Algérie, le général, cette fois au chômage, a offert ses services à ses congénères du Brésil pendant la dictature.

27 juillet 2013

Dominguinhos, le raffinement de la simplicité

Qu'est-ce qui fait qu'une musique vous émeut ? On aurait beau y penser et y repenser, on n'arriverait à rien. On peut se dire que cela tient de notre (mal)heureuse enfance, de traces laissées au plus profond, d'images enchâssées dans un jeu de miroirs, un jeu où il est sans doute permis de tricher. Bref, on n'en sait rien.

Si l'on insiste, si l'on cherche des exemples, on se dira que tel vers ou telle strophe, a priori d'une grande banalité, ne devrait pas provoquer en nous des frissons. Ainsi de :

On dit qu' le ciel est bleu
Gagarine dit pas ça
Il dit qu' la terre est bleue
Allez savoir pourquoi?

Qu'est-ce qui, par un chemin tortueux, est associé à ce nom de Gagarine pour me mettre dans un curieux état d'émotion ? Bref, je n'en sais rien.

Et si l'on a connu, de très loin, Gagarine, qu'en est-il lorsque l'on n'a pas connu, pas même de très loin, dans le jardin, secret ou non, de son enfance un Dominguinhos, né dans le sertão du Pernambouc où l'on n'a jamais mis les pieds, même en imagination ?

Alors, que dire de Eu Só Quero Um Xodó, chanté par beaucoup, mais que j'ai entendu pour la première fois, il y a bien longtemps, de la gorge et la bouche de Gil ? Comment des paroles, que je ne comprenais d'ailleurs pas à l'époque, pouvaient-elles me parler ? Était-ce la magie du mot xodó, si mystérieux ? C'était leur musique, dira-t-on. Mais quand une musique est si éloignée de soi, que dire ?

Que falta eu sinto de um bem
Que falta me faz um xodó
Mas como eu não tenho ninguém
Eu levo a vida assim tão só...

Au lendemain de la mort de Dominguinhos, j'ai entendu Lenine dire, à propos de son aîné du Pernambouc, qu'il était le « raffinement de la simplicité ». Merveilleuse formule, si vraie, si j'ose dire. Et je l'ose en me rappelant une autre formule, mienne celle-ci, que j'aime rappeler à qui me parle de vérité : Não tem verdade, só tem sinceridade. Et si, justement, c'était tout simplement ça la clé : la sincérité ?

18 juillet 2013

Névrose

Dans sa préface des Damnés de la terre, de Fanon, Sartre écrivait : « La France, autrefois, c’était un nom de pays ; prenons garde que ce ne soit, en 1961, le nom d’une névrose. »
Nous (en) sommes en 2013, la guerre d'Algérie est finie depuis belle lurette, et pourtant la question se pose encore. Dans un autre contexte, sans doute. Mais chaque jour qui passe, nous nous approchons de la réponse. Et c'est à dégueuler.

Et puisque nous sommes en 2013, faisons comme l'ami Bahia Flâneur qui a bifurqué, une fois n'est pas coutume, vers Le Soir de la (encore un peu) libre Belgique pour retrouver un peu de l'air qui manque à la France, non seulement névrosée mais aussi nécrosée, et déjouer la censure qui y est faite à l'un des rares journaux auxquels je suis, par ailleurs, abonné.

25 juin 2013

Pendant les travaux, la vie continue


Ça manifeste dans les rues des principales villes du Brésil depuis deux semaines et nous restons perplexes devant tant de revendications contradictoires. Les militants du PT défilent avec ceux qui demandent l'impeachment de Dilma, les corrupteurs et les corrompus demandent la fin de la corruption, tout est dans le bouillon, au point qu'on ne saurait dire quel goût il a.

Mais pendant les travaux, la vie continue. Aujourd'hui, à Rio, un échange de tirs a laissé dix personnes sur le carreau dans le groupement labyrinthique de favelas joliment dénommé Maré.

Maintenant, imaginons que de l'agitation sociale sorte un Brésil meilleur, où la corruption reculerait, où les compétences prendraient le dessus sur l'indolence, où l'on cesserait d'exhiber les people, est-ce que la violence reculerait ?

Photo : (c) Francis Juif
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