Ordinairement
il y a dilution par l'éphémère, des taches de couleur, pas de
forme autrement que vague, du bruit, aucun signal, nous passons, rien
de particulier, rien à signaler, rien qui se signale, une simple
superposition de trames, l'agitation brownienne d'une foule de
points, une masse qui ne parvient pas à faire océan, pas même une
flaque luisante sous le soleil, l'aridité d'un désert surpeuplé,
nous passons, le foisonnement de trous, la matière qui s'éparpille,
se désagrège, une compacité paradoxale, une solitude hallucinée,
une opacité transparente, la naissance et la mort et la naissance et
la mort et... indéfiniment, un proche horizon, nous passons, une
globale imprécision, une monotonie bigarrée plus sournoise encore
qu'un mur de brouillard, le triomphe du non-sens au sens propre de
cette expression, l'intuition d'une réalité de la théorie de la
relativité appliquée à la myopie, nous passons, une continue
dérive des sens qui va s'accélérant, l'absence d'accident,
l'ordinaire organisation humaine en mouvement, hommes simulant le
travail, paysages corrompus, désirs inachevés, une eau qui dort
derrière l'apparence des courants incessants, flux et reflux
confondus, l'assimilation brutale et imperceptible pourtant des
éléments exogènes, leur digestion instantanée, leur excrétion
aussi, nous passons, la logique du flou commande l'incertain, une
totale incapacité à imprégner les mémoires, lumineux ou noir
importe peu, une fuite en avant, la fuite du temps, nous passons, le
champ diffus d'un certain magnétisme, dilution par l'éphémère,
nous passons trop vite...
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26 janvier 2019
06 janvier 2019
Les faux appétits
La faim malmène la géographie digestive, la salive se charge d’une saveur propre, le goût de l’air du temps, une goutte d’éther lent,
le vide se nourrit de la chaleur d’une main posée sur le ventre, le passage du flux de l’autre vie, le pressentiment de l’autre mort, l’arrêt sur une image,
le désir s’attarde sur une ride, une seule, au bord d’une lèvre écarlate, une vallée profonde et peut-être pleine de la promesse d’un retour au lait, la morsure d’un souvenir au ralenti, le vertige d’une litanie de seins et de reins, le fleuve et la foule emmêlés, la répétition à l’infini d’un geste tranquillisant du corps vers le rêve et l’absolu, l’éternelle trahison que sont les faux abandons, les faux abandons, les faux-semblants, les faux appétits.
le vide se nourrit de la chaleur d’une main posée sur le ventre, le passage du flux de l’autre vie, le pressentiment de l’autre mort, l’arrêt sur une image,
le désir s’attarde sur une ride, une seule, au bord d’une lèvre écarlate, une vallée profonde et peut-être pleine de la promesse d’un retour au lait, la morsure d’un souvenir au ralenti, le vertige d’une litanie de seins et de reins, le fleuve et la foule emmêlés, la répétition à l’infini d’un geste tranquillisant du corps vers le rêve et l’absolu, l’éternelle trahison que sont les faux abandons, les faux abandons, les faux-semblants, les faux appétits.
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