18 avril 2006

Casse-tête chinois

Les États-Unis s’inquiètent de la nature des relations entre la Chine et l’Amérique Latine. A tel point que vient d’être dépéché à Pékin Thomas A. Shannon Jr., « the top U.S. diplomat in charge of Latin American affairs ».

De tout temps, les États-Unis ont considéré l’ensemble du continent comme sa chasse gardée et ne se sont jamais privés d’en tirer tous les bénéfices. D’où l’amour inconsidéré porté aux gringos par les peuples latinos. Soit dit en passant, ce n’est pas que de l’ironie. Comme en France, pays réputé pour son anti-américanisme primaire, la réalité est celle d’une ambivalence amour / haine...

Jusqu’à récemment peu de pays ont contesté la suprématie nord-américaine dans la région, d’où le symptomatique America pour désigner les USA, seul pays au monde à n’avoir pas de nom digne de ce... nom. Il y a bien eu, pendant la Guerre Froide, l’épisode cubain et ses prolongements au Nicaragua, quelques guérillas de-ci de-là, mais rien de sérieux. Il y a l’Espagne, et c’est un peu plus conséquent, qui pousse sa corne, en jouant sur la langue, mais là non plus rien qui puisse véritablement contrarier Washington.

Que craint le gouvernement Bush de la part de la Chine ? Que les relations commerciales entre celle-ci et l’Amérique Latine aient été multipliées par 6 en 5 ans n’a rien pour les chagriner. La Chine a besoin de soja, de pétrole, de cuivre, d’acier, bref de tout ce qui lui est indispensable pour poursuivre sa croissance et continuer à fournir son premier client, les États-Unis.

L’explication est à chercher ailleurs et, ironie de l’Histoire, une de plus, c’est la conséquence d’une décision bushienne. Il y a trois ans, espérant faire pression sur les pays du sud du continent qui seraient tentés de ne pas exempter les citoyens états-uniens des poursuites de la Cour de Justice Internationale, les États-Unis ont menacé de leur couper les subventions militaires. Rien n’y a fait, les États-Unis ont donc mis leur menace à exécution. Et qui, croyez-vous, s’est précipité sur les places laissées vides ? Vous l’avez deviné : la Chine.

Hu-Jintao sera bientôt en visite officielle aux États-Unis. Le sujet a été mis à l’ordre du jour par George W.
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