06 avril 2007

Urbi et orbi

Vendredi Saint, jour férié au Brésil comme dans la plupart des pays à dominante catholique. Je me suis levé tard. Il était sept heures et quelques. Des rafales de vent en provenance de la mer faisaient se balancer des cordes qui pendent du haut d’un immeuble en construction. C’est un plaisir, chaque matin renouvelé, de contempler la mer, ses couleurs chaque fois différentes. Aujourd’hui, des traits blancs marquent une agitation certaine. Les surfeurs levés tôt se régalent.

Dans un mois, Benoît XVI sera au Brésil, dans trois mois les Jeux panaméricains auront lieu à Rio, dans vingt ans l’Amazonie ressemblera à une savane, telles sont les informations du jour sur Globo. Autant dire que l’actualité, ce n’est plus ce qui s’est passé hier ou qui se passe maintenant, c’est ce qui va se passer demain et, si possible, après-demain.

De Bruxelles, les nouvelles ne sont décidément pas bonnes. Pendant toute une nuit, les Chinois ont bataillé ferme pour qu’on ne dise pas que la maison Terre est en feu. Les délégations des États-Unis, de la Russie et de l’Arabie Saoudite appuyaient les Chinois. Sur les champs de bataille, en Irak ou au Darfour, en Afghanistan et en Birmanie, qui se préoccupe des émissions de gaz à effet de serre provoquées par les combats ?

Quand j’était enfant, sept ou huit ans, un étrange pressentiment ne me quittait pas. J’étais persuadé que j’aurai le triste privilège d’assister à la fin du monde. Cette idée m’a quitté pendant très longtemps, au point que j’ai été très heureux d’avoir un fils. Depuis quelques jours, le souvenir de ce pressentiment ne me quitte plus. Malgré tous ses défauts, la Terre était une sacrée planète. L’homme n’a pas voulu en faire une planète sacrée.
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