19 juin 2007

En toute amitié

« Si le résultat de l’enquête [de la Police fédérale] n’est pas favorable au sénateur, nous devrons avoir le courage de lui dire gentiment en toute franchise et en toute amitié que le Brésil est au-dessus de nous, que le Sénat est au-dessus de chacun de nous. »

Ces paroles de Critovam Buarque, ancien candidat à la présidence de la République, à propos de Renan Calheiros, actuel président du Sénat, auraient pu être prononcées par la quasi-totalité des sénateurs à propos de la quasi-totalité de leurs collègues. Majorité et opposition confondues. Tous pourris ? Cette expression pue la démagogie, certes. Mais force est de reconnaître que c’est l’opinion de la quasi-totalité des Brésiliens, face à l’interminable novela politico-mafieuse où se succèdent de rebondissement en coup de théâtre dénonciations, vrais et faux pots de vin, vrais et faux chantages, vraies et fausses trahisons ou encore amants et maîtresses sortis de placards gigognes.

Les documents à charge s’amoncellent sur les bureaux de la Police fédérale, du Conseil d’éthique du Sénat (sic), des rédactions des journaux. Pour autant, aucune démission n’est annoncée quand au Japon, pour des faits similaires, des ministres passent les limites de la bienséance en se suicidant. Nous sommes au Brésil où l’on fait de la politique gentiment, en toute franchise et en toute amitié.
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