23 août 2009

Distances abolies

C’est le mois d’août, un mois d’hiver tropical, avec ses hauts et ses bas, ses hautes et basses pressions, c’est le mois des distances abolies. C’est le mois d’août et c’est aujourd’hui un jour froid et gris, comme un jour d’été parisien, comme un dimanche raté au cœur de l’été francilien sur notre île offerte aux vents changeants.

Si je fais une requête en ces termes — distance abolie — sur un butineur, je tombe de pas très haut sur la mondialisation, sur Mallarmé, sur une conversation familiale entre Carl à Bruxelles et Alice et Benoît à JoBurg.

C’est le mois d’août et c’est le mois des distances abolies au cinéma Metrópolis. L’occasion de découvrir de nouvelles interprétations de la distance abolie. Qui n’a jamais rêvé d’écrire sur les murs à jets de bombes ? Il y a très longtemps, longtemps avant que les tags fleurissent sur les murs comme le chiendent dans les prés, ne vous est-il pas arrivé de cracher votre venin, que vous croyiez révolutionnaire, à la façade d’un bâtiment officiel au cœur d’une zup, espèce de blogueur de mes deux ? Avez-vous remercié les jeunes flics qui vous avaient réprimé avec gentillesse, une gentillesse de ce temps-là, très lointain, la gentillesse de jeunes flics qui rêvaient eux aussi de lendemains qui chanteraient, une gentillesse perdue dans le lointain ?

Hier comme aujourd’hui, qui n’a rêvé d’écrire sur les murs sans jets de bombes ? Aujourd’hui, plus besoin de se salir les mains, il suffit de pointer son arsenal technologique sur les murs les plus inatteignables de la ville pour livrer un message urbi et orbi. Un architecte et un ingénieur, Evan Roth et James Powderly, l’ont rêvé. Au point d’abandonner leur boulot. Au point d’abolir les distances. Pour dire au monde qu’il y a encore de l’espoir. L’espoir, cette laisse de la liberté. Une laisse, ici, qui revêt la forme d’un rayon lumineux. Un rayon qui laisse écrire, l’espace de quelques secondes, que des révolutions restent nécessaires, impératives. Des Lumières et de la Révolution de 1789 – 1793, sommes-nous passés à la lumière et à la révolution ordinaires ?

Throwies. Le procédé est si inoffensif que des publicitaires ont eu vite fait de tenter de le recycler à leur profit. Vieille rengaine. La rengaine du capitalisme qui recycle jusqu’à l’anticapitalisme, qui dévore les entrailles de ses ennemis tombés à terre, qui semble devoir grossir à l’infini. Jusqu’au jour où...

C’était hier samedi et Chaudanne nous a entretenu de l’Inde et du Brésil, ces deux pays adorateurs de la chose bovine, chacun à sa façon. Là, la vache mère. Ici, le bœuf mâle castré, bumba meu boi... Et, à la faveur d’une question, nous avons (re)fait le chemin de Besançon à Calcutta, de Besançon au Sahara, de Besançon à Teresina. Et c’était vachement bien. Vachement distant.
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