10 novembre 2011

Violence routière, un rappel

Des lecteurs un tantinet inquiets, voire angoissés, me demandent de temps en temps ce à quoi s’attendre à la rubrique violence à Vitória. Généralement, je tente de les affranchir en faisant la part des choses — la violence qui touche, le plus souvent, ceux qui touchent au crack et autres drogues et celle, plus hasardeuse, qui peut survenir partout et dans presque toute circonstance. Parfois, je leur raconte une anecdote personnelle ou qui a concerné des connaissances — et cela ne manque pas ! Bref, je les rassure.

Mais j’oublie, me semble-t-il, de leur parler de la violence routière. Non seulement celle des accidents de la route, mais aussi celle déclenchée, telle l’impossible foudre dans un ciel d’azur, par un accident, inattendu, forcément inattendu. Un fait divers tragique tout frais tout chaud, si j’ose dire, vient hélas à point nommé pour attirer l’attention des gringos en goguette au Brésil qui ont l’intention de louer une voiture.

Donc, c’était hier, sur la BR 101 au nord de Vitória, sur le territoire de Serra. Une petite auto, une Gol, a un accrochage avec un semi-remorque. Rien de plus banal, d’autant que le camion était en panne, circonstance elle aussi des plus banales. Une discussion s’ensuit entre les deux conducteurs, le camionneur tentant de faire entendre raison à l’automobiliste. Le ton monte. C’est, mes amis, que le conducteur de la Gol n’arrive pas, semble-t-il, à admettre que le camion est immobilisé, hors d’état de mieux se garer, kaputt. Pour le malheur d’Antônio, le camionneur, son opposant est un soldat de la gendarmerie, le ci-devant Saulo. Le ton monte, monte, monte. Saulo, qui n’était pas en service, dégaine malgré tout son arme. Antônio l’implore pelo amor de Deus. De nombreux témoins assistent à la scène. Ainsi que l’épouse de Saulo et son fils de deux ans. Ils assistent impuissants à ce qui suit : quatre balles dans le buffet d’Antônio.

Hier soir, je ne sais ce qui m’a pris, je me suis énervé en sortant du festival Cine Vídeo, j’ai bloqué mon klaxon, furieux de me trouver en mauvaise posture sur une avenue, des plus cahotiques, derrière une bagnole à l’arrêt au pire des endroits, forcément au pire... Ce qui m’a valu un vigoureux rappel à l’ordre de mon épouse, me rappelant ce qui s’était passé le matin même sur la BR 101. Merci, mon amour. Tu as (presque) toujours raison. Et puis, c’est vrai, il est peut-être un peu tôt pour que tu te retrouves veuve.
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