30 août 2006

Avant de m’envoler...

Partenaire pour la construction du gazoduc Macaé (RJ) Vitória, fournisseur de vêtements et chaussures à prix cassés, se voulant influente sur le plan militaire, la Chine se fait de plus en plus présente et pressante au Brésil. Pour autant, les échanges fonctionnent dans les deux sens. Ainsi, la Chine est-elle le principal acheteur de minerais et aciers brésiliens, comme de tourteaux de soja. Et devient aujourd’hui, à travers le groupe HNA, un des clients majeurs de Embraer. Le contrat, qui vient d’être signé, concerne 50 avions ERJ-145 et 50 Embraer-190, pour un montant de 2,7 milliards de dollars. Comme à leur habitude, les acheteurs chinois ont obtenu des transferts de technologie : les ERJ-145 seront produits en Chine, par Harbin Embraer Aircraft Industry, une joint-venture créée en 2003 entre Embraer et China Aviation Industry Corporation 2.

Ces avions seront-ils pilotés par des Brésiliens ? Il y a quelques jours la compagnie régionale Shenzen Airlines a embauché, pour un salaire mensuel de 8000 US$, 40 pilotes licenciés par Varig au moment de sa faillite.

Au 30 juin 2006, Embraer avait livré 163 E-Jets (famille de jets à laquelle appartient le Embraer-190) et 858 avions commerciaux ERJ-145 à 70 entreprises aériennes de 43 pays.

Selon le bien nommé Expedito Parente, la compagnie Tecbio, dont il est le président, intéresserait au plus haut point Boeing et la NASA. La raison de cet élan soudain ? Tecbio a inventé en 1980 un bio-kérosène, qui aurait été testé au Brésil en 1984, avant d’être abandonné. Avec un baril de pétrole dont le prix devrait, selon les analystes les plus hardis, s’envoler pour atteindre 250 dollars, le bio-kérosène a réveillé Expedito Parente, à moins que ce ne soit le contraire. « Nous commençons à ressuciter le bio-kérosène », s’est-il écrié, les bras en croix, à la tribune d’un séminaire consacré aux carburants de demain et d'après-demain.

Si le projet se concrétise, la première unité de production pourrait être installée dans le Piauí. Je me souviens de mon premier voyage à Teresina en 1982, la gare routière avait tout de la cour des miracles de l’oncle Victor, la ville assoupie la journée ne se réveillait qu’avec la novela de 19 heures. Qui aurait dit alors qu’elle serait la future capitale de l’exploration spatiale ? Bon, j’exagère un peu, mais c’est le souvenir ému de mon premier caititu rôti à la broche !
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