18 janvier 2007

Loja, aux premières loges

En 1996, la ville de Loja, en Équateur, comme la plupart des villes d’Amérique latine, se développait à hue et à dia. Les autobus replets et les voitures crachaient leurs nuages d’épaisses fumées noires. La déforestation accélérait l’érosion. Les ordures s’accumulaient autour des quartiers pauvres. Quelques années plus tard, Loja est devenue une ville écologique et saine, au point d’être élue par Nations in Bloom « troisième ville plus écologique du monde » en 2001.

L’an prochain, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la population urbaine dépassera en nombre la population rurale. Et c’est en Amérique latine et en Afrique que les villes vont croître le plus fortement.

Dans son rapport, « L’état du monde en 2007 », l’ONG états-unienne Worldwatch Institute rappelle quelques données.
- 75% du combustible fossile est consommé dans les villes.
- Des 33 métropoles qui compteront plus de 8 millions d’habitants en 2015, 21 se situent dans des zones menacées par l’élévation du niveau de la mer.
- Le BTP est responsable pour un tiers des émissions globales de dioxyde de carbone. En 1997, on a produit 1,5 milliard de tonnes de ciment sur Terre. Cette activité a émis plus de carbone dans l’atmosphère que le Japon dans son ensemble.

Et Loja ? Bien sûr, avec ses 160.000 habitants, Loja est une petite ville. Mais ce qu’a fait Loja en si peu de temps, les autres villes d’Amérique latine sont capables de le faire.

Selon Rob Crauderueff, les mesures prises par la municipalité de Loja sont certes ponctuelles, mais systématiques.
- L’usage des terres a été réglementé. Certaines propriétés ont dû transformer 20% de leur surface en parcs et jardins publics. Grâce aux espaces rendus disponibles pour les exercices physiques, les taux d’obésité et de diabète ont chuté.
- L’essence pour les voitures est obligatoirement sans plomb.
- Les déchets organiques sont recyclés à 100%, les autres à 50%.

Selon le rapport du Worldwtch Institute, ce programme a fonctionné parce que la population comme les pouvoirs publics ont joué le jeu. Plus de 95% des habitants respectent les règles de recyclage.

À l’heure où s’ouvre à Rio le sommet du Mercosur – Mercosul, élargi à ses membres associés (Bolivie, Chili, Colombie, Équateur et Pérou) et à quelques observateurs (Guyana, Panama et Surinam), Rafael Correa serait bien inspiré d’inviter ses homologues pour un prochain sommet dans la ville de Loja.

Ce que pèse São Paulo, selon Lara Almarcegui
Oeuvre de Lara Almarcegui, photo de Jonas Detarsis
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...