10 janvier 2007

Une belle journée d’été

Mettant à profit la cérémonie d’investiture par une belle journée d’été à Caracas, le colonel de réserve Hugo Chávez a réaffirmé sa volonté de mener son pays vers un socialisme enchanteur autant que bolivarien. Droit dans ses bottes, il a annoncé la renationalisation des entreprises privatisées dans les années 90, la suppression de l’autonomie de la Banque Centrale, la révision des contrats passés avec des transnationales, la fermeture des stations de radio et de télévision qui entraveraient la bonne marche vers le socalisme. Et, pour faire bonne mesure, le vote par l’Assemblée des pleins pouvoirs lui permettant de légiférer par décrets.

La nationalisation des entreprises d’électricité et de télécommunications, pourquoi pas ? Les Français ont longtemps connu et ça ne marchait pas si mal. La fin de l’autonomie de la Banque Centrale, pourquoi pas ? Le Venezuela n’a pas à se préoccuper outre mesure de la bonne tenue de sa monnaie. Le reste est plus flou, nous attendrons donc avant de juger.

Au Brésil, l’on observe les événements avec un certain détachement. Tant que les intérêts et le leadership brésiliens ne sont pas en jeu...

D’un point de vue économique, le Venezuela de Chávez est un cadeau du ciel. En 2006, le Brésil a exporté vers le Venezuela un milliard de dollars de plus que vers la France et le Royaume-Uni. Le marché vénézuélien est devenu l’un des plus juteux qui soient pour les produits, services et investissements brésiliens.

Les provocations puériles de Chávez vis-à-vis des États-Unis et les réponses infantiles de Bush ont obligé le Venezuela à se tourner plus souvent vers un Sud au premier rang duquel se situe le Brésil. Notre voisin peut bien continuer ses pitreries, les capitalistes brésiliens l’en remercieront. Tant que les intérêts et le leadership brésiliens ne sont pas en jeu...
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