16 janvier 2007

Vouloir y croire

Quelques 66 délégations de partis de gauche d’une trentaine de pays sont actuellement réunis à San Salvador, 15 ans après une première rencontre qui s’était tenue à São Paulo.

En tant que hôte, Medardo Gonzalez, du Front de libération nationale Farabundo Marti, a rappelé hier les circonstances de la réunion fondatrice de São Paulo. Le mur de Berlin était tombé, l’Union Soviétique s’était effondrée, les Sandinistes avaient perdu les élections au Nicaragua, Cuba vivait une grave crise économique. Et, des États-Unis, Francis Fukuyama annonçait la fin de l’Histoire.

C’est à cette époque que l’occasion m’avait été donnée d’assister à une sorte de pot entre amis, organisé par un copain en l’honneur de Jorge Amado et Tomas Borges, ancien ministre de l’Intérieur de Daniel Ortega, récemment réélu après une longue éclipse.

Jorge Amado avait improvisé un discours pour récuser la thèse de Francis Fukuyama. « Le bloc communiste s’est certes désintégré, disait-il en substance, mais l’on ne me fera pas avaler que l’Histoire a pris fin tant qu’il y aura, en Amérique latine et ailleurs, des dizaines de millions de personnes ne mangeant pas à leur faim. »

Aujourd’hui, Jorge Amado repose dans un cimetière à Salvador. Dans un autre Salvador, des militants de gauche célèbrent les victoires de leurs partis en 2006. Et Francis Fukuyama admet qu’il avait tort.

Les pires problèmes de l’Amérique latine sont loin d’être réglés. L’arrivée au pouvoir de partis qui se réclament de la gauche ne garantit en rien que ces problèmes seront réglés dans les vingt ans qui viennent. Mais il y a des jours où l’on voudrait croire que quelques pays sont engagés vers un avenir, au moins un petit peu meilleur.
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