13 février 2007

La loi du moindre effort

Un crime particulièrement odieux a remis au premier plan, depuis quelques jours, la question de la violence et de son traitement. Un enfant de six ans est mort après avoir été traîné au sol sur sept kilomètres par trois jeunes voleurs d’une voiture dont ils avaient expulsé la propriétaire.

Le crime a choqué le Brésil tout entier, au point que, chose rare, les familles ont aussitôt livré à la police leurs enfants assassins. Et les politiques ont convoqué la presse pour proposer leurs solutions : réduire la majorité pénale à seize ans, laisser les États décider du Code pénal, revenir sur la loi qui veut que les condamnés n’effectuent qu’un sixième de leur peine, soumettre le rétablissement de la peine de mort au suffrage universel...

Qui peut sérieusement croire que cela permettrait de diminuer le nombre d’homicides qui, rappelons-le, dépasse en moyenne la centaine quotidienne ? Comme le dit justement Gilberto Dimenstein, un éditorialiste avec qui je me sens souvent en empathie, ces réponses relèvent de la loi du moindre effort.

Améliorer l’efficacité des programmes sociaux et le système éducatif, renforcer le planning familial, fournir en équipements de loisir les périphéries, accélérer l’urbanisation des favelas, y introduire les services publics dont celui de la police, voilà quelques unes des mesures qui s’imposeraient si les autorités avaient la volonté vraie d’en finir avec la violence endémique. Mais qui exigeraient d’elles une remise en question qu’elles ne sont pas prêtes à consentir.
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