22 février 2007

Le temps de la réforme agraire est révolu

Longtemps au côté des mouvements militant pour la réforme agraire, le sociologue Zander Navarro jette un pavé dans la mare en déclarant aujourd’hui, dans une interview à la Folha de São Paulo, que le temps de la réforme agraire est révolu.

Selon lui, les campagnes s’étant vidées, il n’y aurait plus guère que les militants professionnels et leurs familles pour poursuivre les occupations de terres. Navarro admet cependant que les régions situées entre le nord des Minas Gerais et l’ouest du Maranhão ont besoin d’une redistribution des terres. Ces régions concentrent l’essentiel de ce qui reste de population rurale misérable.

Ces déclarations tombent à point nommé au moment où treize propriétés agricoles de l’État de São Paulo (SP) sont occupées par le MST. Pour le secrétaire à la Justice de SP, Luiz Antônio Marrey, ces militants ayant des liens politiques avec le gouvernement fédéral, c’est à celui-ci de régler le problème. Marrey en profite toutefois pour attaquer l’Union Démocratique Ruraliste (UDR) qui représente les gros propriétaires fonciers, qui ne se montre guère pressée de régler les problèmes.

Ces propriétaires, il faut le rappeler, sont devenus le plus souvent ce qu’ils sont, non pas en achetant les terres mais les titres de propriété. Des décisions de justice ont été rendues qui ont cassé ces vrais-faux documents, mais n’ont jamais été suivies d’effet. Nabhan Garcia, qui préside l’UDR, explique pourquoi : « Si l’on devait suivre cette thèse, alors il faudrait rendre le Brésil au Portugal, à la suite de quoi le Portugal devrait rendre les terres aux Indiens. »

Bien que la réforme agraire soit derrière nous, ces questions n’ont jamais semblé être autant d’actualité. Préparant un tour de leur façon au pape qu’ils s’apprêtent à accueillir, un pape qui lorsqu’il était cardinal avait joué un rôle de premier plan pour étouffer la théologie de la Libération, les évêques brésiliens y mettent leur grain de sel.

Le thème de la campagne 2007 de fraternité est l’Amazonie. Vu du Ciel et des satellites en orbite géostationnaire, justice sociale, solidarité, préservation de l’environnement et respect de droits de l’homme sont loin de régner sur ces terres. « Les personnes idéalistes et généreuses, les syndicalistes, les acteurs sociaux, les missionnaires qui ont fait de la solidarité sociale leur programme de vie et d’action, sont victimes de menaces et d’assassinats », a rappelé le secrétaire général de la Conférence nationale des évêques du Brésil, Odilo Pedro Scherer.
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