07 mars 2007

Une ingérence difficile à ingérer

Tous les ans, le State Department des États-Unis publie son rapport annuel sur les Droits de l’Homme. Non pas une analyse sur la façon dont eux-mêmes se comportent, mais un document à charge sur la façon dont les autres pays ne les respectent pas. Tous les pays de la planète sont passés en revue, y compris la France. Et, bien sûr, le Brésil.

Mais est-ce une bonne idée, à quarante-huit heures d’une visite, de rendre public tout le mal qu’on pense d’un pays hôte ? Est-ce de l’arrogance ? Est-ce une provocation qui consiste à énerver le camp d’en face afin de le fragiliser à l’approche des négociations ?

La corruption, les violences policières, la prostitution enfantine, l’esclavage, les trafics humains composent une longue litanie tout au long du chapitre consacré au Brésil. Toutes choses que les Brésiliens savent et dont les journaux parlent abondamment. La réaction d’Itamaraty ne s’est pas fait attendre.

« Le gouvernement brésilien réaffirme qu'il ne reconnaît pas la légitimité des rapports établis à titre unilatéral par quelque pays que ce soit, selon ses critères internes et souvent pour des raisons politiques. L'appréciation unilatérale de ce problème est inacceptable, car elle est contraire à l'universalité des principes qui régissent les Droits de l'Homme et qui ne peuvent pas être appliqués de façon sélective. »

Enfin, la note diffusée par le ministère des Relations extérieures souligne la volonté du Brésil d'engager un vaste dialogue avec toutes les organisations régionales et internationales pour la protection des Droits de l'Homme. Et, pour enfoncer le clou : « Il appelle tous les pays, dont les États-Unis, à imiter son exemple. »
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