06 mars 2007

Bruxelles s’impatiente

Les négociations entre l’Union Européenne (UE) et le Mercosul-Mercosur sont au point mort depuis mars 2006. Qu’à cela ne tienne, l’UE n’a qu’a négocier séparément avec le Brésil. C’est l’idée qui fait son chemin à Bruxelles, comme l’a révélé aujourd’hui Trinidad Jiménez, la secrétaire d’État espagnole chargée des affaires ibéro-américaines.

Le commissaire européen au commerce ne s’est pas encore publiquement prononcé. Peter Mandelson juge peut-être utile de ne pas incommoder une fois de plus Paris, au moment où le ministre français de l’Agriculture vient de qualifier le Brésil, mais aussi l’Argentine, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, de prédateurs.

Côté brésilien, la suggestion bruxelloise ne suscite pas l’enthousiasme. L’ambassadrice du Brésil auprès de l’UE, Maria Celina de Azevedo, a rappelé que la priorité de son pays est le renforcement du bloc sud-américain. On se souvient que, la semaine dernière, Lula a déployé des trésors de persuasion, à dire vrai des arguments sonnants et trébuchants, afin de convaincre Tabaré Vásquez de ne pas signer un traité de libre échange avec les États-Unis.

Pour relancer le processus de coopération entre le Mercosul et l’UE, le Brésil pourrait proposer, selon Maria Celina, de faire de la question de l’environnement et des énergies renouvelables le thème, jusqu’ici peu exploré dans ce cadre, des futures discussions.

S’il est un axe de la stratégie brésilienne sur le plan international, c’est bien celui des biocarburants. Après le Japon, à deux jours de l’arrivée de George Bush, c’est désormais l’Europe qui apparaît en ligne de mire. Et dire que Dominique Bussereau croit que le Brésil veut la mort des charolaises, des limousines et de leurs éleveurs ! Décidément, le gouvernement français actuel a du mal à suivre. Son successeur fera-t-il mieux ?
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