27 février 2007

Tabaré - Lula, en attendant George (suite)

Côté brésilien, on n’hésite pas à afficher une satisfaction certaine après la rencontre entre Lula et Tabaré Vásquez, dans la villégiature estivale de ce dernier — un choix qui n’était sans doute pas anodin.

Douze jours avant l’arrivée de George Bush à Montevideo, Lula veut croire qu’il a fait reculer Tabaré sur la question du traité de libre échange avec les États-Unis, au prix de cinq accords sur l’énergie et le commerce, jugés généreux par Brasília et, semble-t-il, bien accueillis par Montevideo.

Toute menace de sortir du Mercosur-Mercosul n’est cependant pas totalement écartée. Lors de la conférence de presse, Danilo Astori, ministre de l’Économie de l’Uruguay, a manié le chaud et le froid. « Les négociations progressent avec les États-Unis, mais pas au point d’aboutir à un accord », a-t-il déclaré, avant de préciser : « Nous devons maintenir cette possibilité, tout en tenant compte naturellement des règles du Mercosur ». Mais, face aux seuls journalistes uruguayens, il n’a pas manqué d’ironiser sur la zone franche de Manaus : « S’ils nous disent que ce que nous demandons est incompatible avec le Mercosur, nous dirons que Manaus l’est tout autant. »

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Lula et Tabaré ont aussi parlé de Haïti. « Nous appuyons les initiatives et efforts visant la promotion de la paix et de la sécurité internationale à travers, par exemple, la participation de forces des deux pays à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) », ont estimé les deux chefs d’État dans une déclaration conjointe. Avec 1.200 casques bleus déployés en Haïti depuis 2004, le Brésil assure le commandement militaire de la force de stabilisation. L’Uruguay et sept autres pays lationaméricains en font également partie.

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Au moment où se tenait le sommet, la police brésilienne a arrêté le colonel uruguayen à la retraite Manuel Cordero, accusé de violations des droits de l'homme en Uruguay et en Argentine pendant les dictatures des années 1970 et 1980. Il sera extradé vers l’Argentine, où il est accusé d’avoir participé à l’assassinat en 1976 des députés uruguayens Zelmar Michelini et Hector Gutierrez Ruiz.
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