28 février 2007

Trois Français assassinés à Rio

L’assassinat, hier, de trois Français à Rio a fait la une des journaux en France et au Brésil. En France, parce que ces tragédies, dont sont victimes des expatriés, sont peu fréquentes. Au Brésil, parce que les victimes étaient des étrangers, que le massacre a été d’une sauvagerie que même les policiers brésiliens, dont l’homicide est le pain quotidien, rencontrent rarement, et que le lieu du crime est un quartier dit nobre de Rio, à savoir Copacabana.

Les assassins ont été arrêtés. L’un d’eux, Társio Wilson Ramires, travaillait depuis dix ans pour l’ONG Terr’Ativa. Ancien gamin des rues, il suivait des cours de gestion en faculté. Et détournait l’argent de l’association. Selon Társio, qui a payé 2.000 reais (environ 700 euros) chacun de ses deux comparses, il ne s’agissait que de faire peur aux Français, qui avaient découvert le pot aux roses. On connaît la triste fin.

Un ami brésilien des victimes exprimait, au journaliste qui l’interviewait, son écoeurement et le besoin de se mobiliser pour freiner, sinon inverser, le cycle des violences quotidiennes. Mais sa lassitude en disait long sur le peu d’espoir de voir enfin la société brésilienne commencer à se regarder dans le miroir que lui tendent à longueur de journée les journaux et la télévision.

Bien sûr, cette violence a à voir avec l’extrême inégalité sociale qui règne au Brésil. Mais elle est aussi, et peut-être surtout, le reflet d’une culture foncièrement violente, qui se manifeste dans le comportement quotidien en famille et en société, ou sur la route qui est un autre lieu de massacre. Une culture qui offre en spectacle permanent la violence, quand le Brésilien se voit — et il a plaisir à le répéter à satiété — comme quelqu’un de profondément gentil.

Ce paradoxe trouve une traduction dans la résolution de sa contradiction : une tolérance envers la criminalité qui tend vers l’infini et qui aboutit à une impunité quasi générale, du haut en bas de l’échelle sociale.

On estime qu’un homicide sur dix, environ, est suivi d’une arrestation. Et je rappelle qu’un détenu condamné à trente ans de prison n’effectue, au maximum, qu’un sixième de sa peine.
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