26 avril 2007

Bienvenue au Brésil

Aujourd’hui est né Davi — David, en français. Il était sept heures du matin. Selon l’IBGE qui affiche une estimation en temps réel, à l’heure de la venue au jour de Davi, les Brésiliens étaient 188.712.908. À quelque chose près.

Il est neuf heures du soir, je suis dans la chambre de Davi, avec sa maman, son papa, une grand-mère, un grand-père, avec lesquels je fais connaissance. Tout le monde se donne de grandes tapes dans le dos. Les questions fusent. Questions de circonstance, toujours les mêmes. Puis on me demande si j’ai des enfants. Je me retiens de raconter pour la énième fois la naissance de mon fils.

Pendant que Davi tète et que les femmes s’extasient, commence une conversation en tête à tête entre son père et moi. Un portable sonne, puis un autre. Je jette un oeil du côté de la télévision, m’efforce de regarder ailleurs en examinant la décoration. Au-dessus du lit, une marquise tout en courbes légères donne à voir un ciel bleu parcouru de jolis nuages roses.

D’autres personnes arrivent, on me fait signer le livre d’or en me demandant d’écrire en français. « Que ce premier jour soit celui d’une longue vie heureuse ! » Au diable l’originalité, de toute façon les parents n’y entraveront que couic. On me demande de traduire. Ils sont ravis.

D’autres portables sonnent. Le père allume toutes les lumières pour prendre des photos. Davi n’apprécie pas. On éteint les lumières. Davi rouvre ses petits yeux. Que voit-il ? Sans doute pas grand chose. Qu’entend-il ? Cinq ou six conversations qui s’entremêlent, les musiquettes nazes des téléphones, les rafales d’armes automatiques qui déversent leur logorrhée de gros calibre par le haut parleur du téléviseur. Les armes parlent déjà.

Le père, qui est informaticien, est fier de me montrer que son PC capte le signal wi-fi de la maternité. Il me fait asseoir pour me mettre l’engin sur les genoux. Je suis prié de me connecter à Blogger. Je m’exécute.

Il est dix heures. Un couple, un de plus, entrouvre la porte. Exclamations ! La grand-mère emmaillotte Davi. On nous offre des macarons. Délicieux.

Bienvenue, Davi. Bienvenue au Brésil, le pays où l’on n’est jamais seul !
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