14 mai 2007

In Memoriam Dorothy et Jean Charles

Si les institutions judiciaires ouest-européenne en général et britannique en particulier fonctionnent indéniablement mieux que les brésiliennes, deux informations récentes illustrent un contre-exemple.

Il y aura bientôt deux ans, le Brésilien Jean Charles de Menezes, était victime, dans le métro de Londres, de la guerre contre le terrorisme. Ses assassins ne seront pas jugés et sa famille ne recevra que des excuses. Ainsi en a décidé la police des polices britanniques (IPCC, en anglais).

Le 12 février 2005, une religieuse d’origine étatsunienne âgée de 75 ans, Dorothy Stang, était assassinée dans un campement de l’État du Pará. Les présumés commanditaires du meurtre avaient cru bon se débarasser de Dorothy, comme d’autres avant eux avaient éliminé pendant 30 ans 1237 travailleurs ruraux, afin de poursuivre en toute impunité des activités dérivant de l’appropriation abusive de terres, souvent des parcelles forestières.

Depuis ce matin, l’un des deux commanditaires présumés, Vitalmiro Bastos de Moura, fait face aux juges. Compte tenu du retentissement international de ce procès, il n’est pas exclu qu’il soit condamné. Dans ce cas, il serait le premier des assassins de cette espèce à se retrouver derrière les barreaux dans cet État du Pará, où ont été commis 772 crimes liés à des conflits entre paysans.

P.S. le 15 mai
Au soir du deuxième jour de procès, le jury du tribunal de Belém a condamné Bastos de Moura à la peine maximale, soit 30 ans de prison.
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