08 mai 2007

La pomme d’Argentine

Selon ses exégètes, cela est venu à Lula pendant son sommeil : « Sa Sainteté, tu accueilleras avec les plus grands égards et tu en feras le porte-parole de ta bonne nouvelle à travers le monde. »

La bonne nouvelle à répandre sur les cinq continents, c’est la Bolsa Família (programme d’aide sociale qui vient en aide aux familles les plus pauvres) et le plan Fome Zero (qui vise à réduire à néant la malnutrition).

Les détracteurs auront beau jeu d’ironiser : « Nous savions déjà que Dieu était brésilien, nous savons désormais qu’il s’appelle Lula et qu’il veut faire du pape son bon apôtre sur Terre. » De mauvaise foi, les détracteurs exagèrent.

De bonne foi, les thuriféraires exagèrent aussi. Et construisent le mythe en invoquant l’enfance du chef — que dis-je ? — du Messie. De la bouche lulienne même, la parabole qui suit éclairera avantageusement les générations futures de petits Brésiliens au cathéchisme. Et peut-être au-delà, si elle est relayée par le pape. Hommage édifiant à la mère, elle met en jeu une pomme, comme pour Adam et Éve. En toute modestie.

« Quand, gamin, je traversais le marché, je voyais de belles pommes importées d’Argentine, et je n’avais qu’une envie : en prendre une et mes jambes à mon cou. Car je n’avais pas d’argent pour en acheter. Pourtant, je ne l’ai jamais fait, parce que j’avais peur de faire honte à maman si j’avais été pris avec quelque chose qui ne m’appartenait pas. »

Lula accueillera Benoît XVI demain sur la base aérienne de São Paulo. Le lendemain, ils se reverront pour un entretien privé, dont nous connaissons déjà la teneur. Reste à savoir comment réagira le Saint Père.
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