04 juin 2007

Lula l’Indien

Deux voyages en trois ans, qui dit mieux ? Sans doute aucun autre président brésilien, ni même aucun Chef d’État occidental. Lula ne s’est pas rendu seul à New Delhi, une centaine de chefs d’entreprise l’ont accompagné. De multiples accords ont été signés, dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie aérospatiale ou de l’informatique. L’objectif est de passer d’un volume d’échanges commerciaux de 2,5 milliards de dollars (en 2006) à 10 milliards en 2010.

À l’arrivée de Lula, des journalistes indiens avaient laissé entendre que le Brésil signerait un accord de partenariat exclusif avec l’Inde, au détriment de la Chine. Le président brésilien leur a répondu diplomatiquement que l’accord serait très spécial. Ce que je me risquerai à traduire par sentimental. La sympathie de Lula va assurément à l’Inde plus qu’à son grand rival asiatique, la raison plaide pour un développement des relations avec la Chine, aussi.

L’Inde et le Brésil sont deux grandes démocraties fragiles et cahotiques. Le quotidien y est saturé de couleurs et de parfums, de misères et de violences. Ce sont peut-être les deux plus grands pays baroques de ce siècle. La démerde est générale, la profusion de religions y est également prodigieuse, les foules du Carnaval ne sont pas si différentes de celles des pélerinages religieux. À Salvador, tout de blanc vêtus, les fils de Gandhi — Filhos de Gandhi — n’ouvrent-ils pas chaque année la Bacchanale ?

Entre les deux territoires, si distants, le Portugal a servi de trait d’union. Il y a du Goa chez les Barbosa de l’Espírito Santo. Observez bien le visage d’Antonio, vous finirez par y déceler les traits d’un cousin de Nehru.
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