10 juin 2007

Pedra Azul

Pedra Azul

Au Brésil, comme dans le reste de l’Amérique latine, nous sommes habitués à voir se côtoyer premier monde — selon l’expression utilisée ici — et tiers monde. Il suffit de passer d’une rue à l’autre, voire de changer de trottoir. Ce qui fait que, même lorsqu’on traverse un quartier de la haute généralement situé sur les zones planes de la ville, l’on ne risque à aucun moment de se sentir tout à fait en Europe.

De là vient l’étrange sensation que j’ai éprouvée hier lors d’une balade dans la région de Pedra Azul, à une heure de voiture de Vitória, une région que je connais depuis une quinzaine d’années mais qui m’a paru, hier pour la première fois, avoir changé de bord et rejoint la péninsule européenne.

Culminant à 1822 mètres d’altitude, Pedra Azul est depuis longtemps l’un des sites touristiques de l’Espírito Santo. Des lambeaux de forêt primaire jouxtent des plantations d’eucalyptus, des prairies, des champs. Les reliefs, tout en rondeurs féminines, sont semés de grosses pierres gris-bleu, dont Pedra Azul elle-même est l’emblématique protubérance.

Ces dernières années, les hôtels, auberges, restaurants se sont multipliés, les petites routes ont été pavées ou asphaltées, les fermes de taille moyenne se sont converties à l’agriculture bio, de nouvelles entreprises de services se sont créées dans les villages, de telle sorte que tout semble respirer une prospérité sans faille.

Est-ce à la naissance d’un Disneyland rural à laquelle nous assistons ou est-ce le signe avant-coureur de la diffusion par contagion, de proche en proche, d’un développement plus harmonieux ?
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