08 juin 2007

Sur l’ongle du gros orteil du pied du bout du monde

Museu Vale do Rio Doce - Vila Velha

Ce jeudi, qui était férié, de nombreux enfants de Vitória et de l’agglomération ont tiré leurs parents par le tee-shirt ou la jupe pour qu’ils les emmènent au musée. Une grande première pour certains, descendus des favelas voisines, comme nous l’ont confirmé plusieurs mamans, tout étonnées de se retrouver là entre sculptures abstraites et installations mystérieuses.

Le temps d’une expo d’art contemporain destiné aux enfants, le Musée Vale do Rio Doce s’est transformé, selon l’expression du poète Manoel de Barros, en l’ongle du gros orteil du pied du bout du monde, où poussent des mots, des images, des arbres que, nous adultes, avons perdu l’habitude de voir.

Fixés à hauteur de regard d’enfant, les panneaux explicatifs utilisent un langage simple qui se substituerait avec bonheur au jargon prétentieux qui est généralement offert au public adulte.

Parmi les artistes exposés, l’une a retenu l’attention du fan des Beatles que j’étais dans les années soixante : Yoko Ono, la madame Lennon, celle qui a été accusée d’avoir mis fin à l’amitié entre John et Paul. Celle qui, à mon humble avis, n’a servi que de révélateur à la distance politique qui séparait les deux compères.

Fidèle à ses engagements, Yoko continue de porter sur le monde le même regard étonné. Transformant de petits arbres taillés à la française en arbres du désir, Yoko met à la disposition des enfants des étiquettes où écrire leurs voeux les plus chers, avant de les accrocher aux branches. Le premier que j’ai lu dit ceci :

« Je désire que le monde se sauve du réchauffement global. Que le Brésil de la corruption. Et que l’humanité soit moins être et plus humain. »

Denison s’est un peu mélangé les pinceaux au moment de nommer le mal qui ronge l’humanité, un mal monstre qui le dépasse et l’effraie tellement, au point d’être innommable.
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