19 octobre 2007

Ils s'aiment et le montrent

Il est des moments où votre chroniqueur victorien se laisse tenter par la coluna social, ne serait-ce que pour dire qu’il y aussi des gouvernants heureux en mariage autant qu’en politique. Ainsi de notre Paulo et de sa Cristina que, assis trois rangs derrière, j’observais ce mercredi soir se donnant la main comme au premier jour de leur rencontre sur le campus de l’Université, notre Cristina en première dame capixaba et son Paulo, roi de l’Espírito Santo qui rêve d’être pour le Brésil, en ce siècle qui a à grand peine commencé, ce que JK a été au vingtième.

Paulo Hartung nous donnait, non seulement l’image d’un couple uni, mais aussi un concert. Autant que je pouvais en toute discrétion l’observer, la salle avait des airs de solennité de sous-préfecture et de réception à la cour d’un seigneur féodal. La moyenne d’âge dépassait allégrement d’une quarantaine d’années la moyenne d’âge de l’ensemble de la population de Vitória, les coiffures de ces dames étaient implacablement laquées, les fonds de teint blafards implacablement appliqués et les rouges à lèvre tout aussi implacablement appuyés. Et si Vitória est la plus blanche des capitables brésiliennes, force est de reconnaître que la présence de deux ou trois Noirs seulement jurait un peu avec la palette des visages riverains.

L’entrée était gratuite et le palais du gouverneur a beau se trouver dans l’un des quartiers pauvres, ils n’étaient pas nombreux ceux qui, comme moi l’étranger et le lecteur de blogs patxibulaires, avaient osé s’aventurer là pour le seul amour de la musique.

Autant le dire, le concert a été parfait, sous la direction du bien nommé Lavard Skou Larsen, un natif de Porto Alegre, comme Maristela, et aujourd’hui directeur musical et chef d’orchestre de la très internationale Deutsche Kammerakademica Neuss am Rhein, avec une mention spéciale pour l’interprétation puissamment évocatrice du Souvenir de Florence tchaïkowskien.

Puisqu’un bonheur n’arrive jamais seul, rappelons que Vitória vit cette même semaine son troisième festival national de théâtre, un pur moment de félicité auquel je ne manquerai pas de revenir ici dans un futur plus ou moins proche.
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