22 avril 2008

Traîtres

Les traîtres ont souvent beaucoup à nous apprendre. C’est donc avec intérêt que j’ai lu avec attention le compte rendu que fait le quotidien Le Monde de l’état des lieux que vient d’établir Éric Besson à propos de la France.

Deux tout petits détails ont eu le bonheur de me faire réagir, moi qui, lassitude ou éloignement, lis avec de moins en moins d’intérêt la presse française.

Le troisième paragraphe de l’article signé Claire Guélaud est une merveille. On y apprend qu’ « il n’y a [...] pas péril en la demeure ». Tout ça parce qu’ « il faudra probablement encore plusieurs dizaines d'années de forte croissance dans les pays émergents pour que ceux-ci soient en mesure de rattraper le niveau de vie des vieux pays développés. » C’est quand même formidable : ce qui rassure les Français, c’est que les pouilleux du tiers-monde ne sont pas près de rattraper leur niveau de vie ! Et après ça, on voudrait me faire croire que les Français ne sont pas animés de l’esprit de compétition des citoyens des États-Unis de l’Amérique septentrionale...

Parmi les enseignements, sérieux ceux-là, tirés par M. Besson et son équipe, apparaît une fois de plus le constat que la France « exporte beaucoup moins que l'Allemagne vers les quatre marchés des "BRIC" (Brésil, Russie, Inde, Chine). » S’agissant du Brésil, c’est tout à fait compréhensible, puisque, selon mon pifomètre, une large majorité d’entrepreneurs français croit que l’Argentine est, et de loin, la plus grande puissance économique d’Amérique du Sud. Grand bien leur fasse ! D’ailleurs, hors de ce blogue, je milite personnellement pour qu’ils continuent de le croire. On ne se refait pas : comme Éric Besson, je suis un traître!

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