25 septembre 2008

Ripa na Chulipa

Ça allait commencer. Je regardais Mister Salsa empoigner son instrument quand je l’ai vu fixer un point, à ma droite. J’aurais pu ne pas vérifier, je savais qu’elle était arrivée. J’ai quand même jeté un œil de côté. Et je n’ai pas été déçu.

Elle, c’était elle. Je ne savais pas comment elle s’appelait. Monsieur Salsa non plus. Mais c’était elle, celle que l’on préfère regarder de loin, celle avec qui l’on voudrait faire un bout de chemin, pourvu que cela se passe sur l’écran, l’écran noir de nos nuits blanches que chantait Nougaro.

Mister Salsa est accompagné ce soir de deux gamins, chacun équipé d’une guitare. L’un d’eux ressemble à Lou Reed, quand il avait vingt ans. Ce Lou Reed-là vient d’un trou perdu de l’intérieur de l’Espírito Santo. Cela en fait le Lou Reed d’Ecoporanga. J’ai toujours voulu connaître Ecoporanga, rapport à son nom. Il y a d’autres villes comme ça dans le monde que j’aurais voulu connaître à cause de leur nom. Je n’en ferai pas la liste, je sais simplement que je n’ai visité aucune d’elles. Visiter des villes ne m’intéresse pas.

Chaque année, est organisée la Roda de botequo. Chaque gargote met à sa carte un plat exceptionnel. Cette année, le Caiana a choisi de mettre en valeur la Ripa na Chulipa. Drôle de nom pour un plat. C’est comme si l’on avait baptisé en français la blanquette de veau du nom de trique ou de bandaison. Concrètement, dans l’assiette, c’est de porc qu’il s’agit. Cuit à l’étouffé avec des rubans d’oignons et de poivrons. Cela fond mollement dans la bouche. La trique, c’est l’os. Ce plat aurait plu à Henri IV.

À la pause, Mister Salsa, s’asseoit à notre table. Voilà qu’il me traite de paresseux. Parce que je ne tiens plus à jour ce foutu blog. Eh, Mister Salsa, il me semble que je viens de ficeler un articulet. Après ça, il y en aura pour dire que je suis contrariant.
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