02 octobre 2008

Mon coiffeur ou comment ne pas se faire de cheveux

Il y a longtemps que je ne vous ai pas donné de nouvelles de mon coiffeur. Ce qui est une façon corollaire de vous dire qu’il me reste des cheveux. Blancs.

Mon coiffeur non plus n’est pas très bavard, ce qui est une façon tout aussi corollaire de vous dire qu’il n’a rien d’un raseur. Mais aujourd’hui, allez savoir pourquoi, au lieu d’observer un silence complice, j’ai eu envie de le faire parler. Non pas pour lui demander pour qui il va voter dimanche, comme le fait Etel chaque fois qu’elle a l’occasion d’entamer une conversation. Non, je lui ai demandé pourquoi il n’y avait pas d’enseigne indiquant son échoppe.

Échoppe me semble le terme approprié pour le local où il exerce ses talents. Un local au fond d’une galerie qui se veut pourtant marchande.

Cosme n’a pas cherché à couper les cheveux en quatre pour me répondre. L’avantage, d’après lui, est qu’il n’est pas obligé de coiffer les têtes qui ne lui reviennent pas, qui est une façon de nommer les clients infidèles. Un autre avantage est que son commerce n’attire pas l’attention des candidats assaltantes. Ce qu’il a résumé par : « Comme ça, je suis plus tranquille ».

Je ne lui ai rien répondu, j’ai juste pensé qu’il était d’une grande sagesse et que je préférais les salons, comme le sien, où je n’ai pas à attendre derrière une nuque sur laquelle le coiffeur se fait la main.

Chez Cosme, nous sommes bien loin de Wall Street et de ses traders hyper-speedés qui se font des cheveux quand les indices sont à la baisse et le gramme de coke à la hausse.
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