13 décembre 2008

La mémoire courte

Le 13 décembre 1968, le général-président Costa e Silva promulguait l’Acte institutionnel n° 5, plus connu sous le sobriquet de AI-5, en vertu de quoi le pouvoir exécutif se donnait le droit de fermer l’Assemblée, de casser les mandats des élus, de licencier et mettre à la retraite les fonctionnaires des trois pouvoirs. Le gouvernement avait les mains libres — et même le devoir ! — de légiférer sur tout et n’importe quoi, et ses décisions ne pouvaient en aucune manière être contestées par la voie judiciaire. Restait la rue et surtout la clandestinité pour exprimer son opposition...

En 10 ans, au nom de l’AI-5, une centaine de députés ont été renvoyés dans leurs foyers, 500 films, 450 pièces de théâtre, 200 livres et 500 chansons ont été censurés.

C’était il y a 40 ans aujourd’hui, c’était il y a une éternité. Un sondage nous dit que 82% des Brésiliens de plus de 16 ans ignorent ce qu’était l’AI-5. Comme le fait remarquer un historien, Daniel Aarão Reis, outre le peu de mémoire politique que partagent les Brésiliens avec les autres peuples, il y a aussi pour une part non négligeable, une part bien plus importante qu’on veut généralement l’admettre, le refus de se rappeler d’une époque où l’on s’accommodait sans état d’âme de la dictature. Du classique et de l’universel, les Français en savent quelque chose, qui ont dans leur majorité toléré Vichy.
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