13 avril 2009

Social

Ah, la coluna social ! S’il est une rubrique sur laquelle je me jette avec avidité, c’est bien celle de la coluna social. Social, certes, mais nul plan social, nulle grève, nulle séquestration de patrons ne viennent garnir les filets de cette page du journal. Ici, le social se veut noble, tendance néo-aristocrate. Y apparaît le gars parti de rien ou presque, devenu député à la force du poignet, qui réunit un petit millier d’amis pour fêter en son château disneylandien son 68ème anniversaire. Bien sûr, toute ressemblance avec des personnes existantes serait purement fortuite.

On peut parcourir cette page de différentes manières. Et en tirer toutes sortes de conclusions. Dans une récente coluna social de Mônica Bergamo (Folha de São Paulo), on pouvait voir la photo de Raí, mimant Eric Clapton, le genre de truc que j’ai beaucoup pratiqué quand j’étais ado et même ado attardé. Ou apprendre que Laura Gould, représentant le consulat des États Unis à São Paulo, est montée trois fois sur scène pour recevoir des prix au nom de leurs destinataires absents, lors d’un festival de cinéma, et a remercié le public avec un souriant « muchas gracias » — oui, Patxi, encore une !

L’on pouvait aussi lire une brève qui nous apprenait que l’entrepreneur João Doria Jr a loué trois Airbus A-320 et un Boeing 737/300 pour emmener ses invités à une petite sauterie qu’il organise samedi prochain dans l’État de Bahia. Et que quatorze autres jets privés ont déjà réservé des horaires d’atterrissage sur le même aéroport pour emmener d’autres aréopages aériens. Selon le maître de cérémonie, seize gouverneurs — près des deux tiers ! — et six ministres ont déjà confirmé leur présence.

Il arrive donc que la coluna social ait un lien plus ou moins direct avec la rubrique sociale, au sens où on l’entend en français. Cela saute-t-il aux yeux des lecteurs de la Folha de São Paulo ?
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