04 juillet 2009

Canta Maria

Le temps. Une éternité, rien ne presse, rien ne presse de penser au-delà. Se dévoile l’illusion de l’éternité, se presse au portillon le besoin de penser l’au-delà. Le temps, mal fichu. La conscience du temps, mal fichue. Sonne la cloche à toute volée, il y a quelque chose qui cloche. Au-delà. Dans l’au-delà pensé, l’au-delà de nos dérisoires limites, l’eau de la rivière par laquelle s’écoule le temps, jours de beau temps comme jours de mauvais temps, jours de bon sang mais c’est bien sûr comme jours de mauvais sang, jours de sang d’encre, jours où l’ancre jetée ensanglante le temps qui s’écoule, la vie qui s’écroule, le temps qui s’enroule, la vie qui se déroule, la rivière sans retour, le retour à la source, la source du temps passé dépassé par le temps qui passe, la source impossible de l’éternité, la naissance qui est aussi une condamnation à mort, la mort dans l’âme, l’âme en peine, le temps poignant, le temps comprimé dans la main qui se referme, l’éternité comprimée dans le poing. Et le poing dans la gueule.

Gueule d’amour, mon cul ! Délit de sale gueule. Rien ne sert de faire la gueule. Rien ne sert de tenir la gaule. Bande à part, le temps débande. Ou non. Le temps abonde. Ou pas. L’éternité débande. Forcément. Canta Maria...


Entrecéu - Regina Silveira
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