02 septembre 2009

Pré-sal et prés salés

Ça chauffe autour du pré-sal, cette zone off-shore où sous une épaisse couche de sel reposeraient d’importants gisements de pétrole, qui font tourner la tête aux politiques brésiliens.

« Pré-sal », cette expression fait inévitablement refluer à la surface de ma mémoire les prés salés. Sans doute le souvenir d’un de ces gigots au goût de mer mal digéré à la table dominicale de mon enfance. Qu’a-t-on idée de manger de la viande de mouton qui pue le poisson pourri ! L’homme est décidément un sacré pervers.

C’est peut-être cette difficulté à me débarrasser de cette infâme odeur qui fait que chaque fois que j’entends ou lis l’expression « pré-sal », j’ai le plus grand mal à réprimer un haut-le-cœur.

Donc le Président, les gouverneurs des États concernés (ES, RJ et SP), les libéraux et les soi-disant moins libéraux, tout le monde défend bec et ongles sa part du futur gâteau. Un gâteau pourtant tout théorique. Qui ne lèvera peut-être jamais.

Dilma croit y voir le moyen pour le Brésil d’en finir avec la misère. Comme si le pétrole représentait autre chose que, dans le passé, le pau brasil, la canne à sucre, l’or, le caoutchouc ou le cacao. Pre-sal ou pas, gisements gigantesques ou pas, une certitude : le pétrole ne changera pas la face du Brésil. Si quelque chose peut changer la face du Brésil, ce quelque chose, c’est le peuple brésilien. Et là...

Les plus drôles dans cette polémique, ce sont ceux qui défendent la plus large ouverture possible aux investissements étrangers. Comme si les étrangers avaient envie de se jeter sur le pré-sal avec le même appétit qu’ils se sont jetés sur l’Arabie il y a un siècle ! Les étrangers dont il est question ont fait leur calcul : pour la plupart, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Je me demande d’ailleurs si Lula ne l’a pas compris. Du coup, il a beau jeu de se draper dans une posture nationaliste...

En tout cas, nous n’y verrons clair que dans de nombreuses années. Officiellement pas avant 2015. Soyons réaliste, disons pas avant 2020. 2020 ! Si en 2020, l’homme occupe encore la surface de la Terre, c’est qu’il aura mis la pédale douce sur la pompe à pétrole.

Comme ce matin je suis optimiste, je crois que l’homme fera encore la fête à la surface de la Terre en 2020. Et que deux ou trois générations parviendront à survivre. Jusqu’au baisser de rideau. Définitif. Je vous le disais, je suis un indécrottable optimiste !
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