23 août 2011

Itamaraty, siège d’une navrante sénilité intellectuelle

Itamaraty, qui désigne le siège du ministère des Affaires étrangères et par métonymie le ministre lui-même, Antonio Patriota, et ses proches conseillers, hésite encore à recommander à Dilma de reconnaître le Conseil national de transition (CNT) comme représentant légitime de la Libye. Cela peut surprendre alors que l’issue du combat entre le CNT et le clan Kadhafi ne fait plus guère de doute. Cela témoigne d’une vraie difficulté, profondément ancrée dans les esprits d’une certaine gauche — ou prétendue telle — brésilienne : entre le diable étasunien et ses rivaux, la sympathie va systématiquement à ceux qui s’opposent aux USA. Les Castro plutôt que les présidents américains (de Kennedy à Obama), Hugo Chavez plutôt que W ou Barack Obama. La liste est longue. Kadhafi en est l’échantillon le plus chaud. Qu’importe que l’on ait, en l’occurrence, affaire à un bouffon et une girouette idéologique, la sympathie lui est acquise.

Si cette incapacité à se prononcer à la fois contre l’establishment nord-américain et contre Kadhafi (et Castro et Chavez et compagnie) est sans doute l’héritage de la guerre froide — je ne vois pas d’autre explication —, elle est aussi le signe inquiétant d’une navrante sénilité intellectuelle et, par conséquent, de l’impuissance à proposer de nouveaux modèles, de nouveaux paradigmes.

Au moment où le libéralisme économique montre son visage le plus hideux, il serait pourtant souhaitable d’offrir une autre alternative à la démocratie à l’américaine, pervertie par le fric, et ses séides européens, que l’une ou l’autre des dictatures antiaméricaines.
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