16 août 2011

Puxa vida

C’est une de ces expressions qui ponctuent une phrase, voire un récit. C’est, sous sa forme brève — « puxa » ou encore « poxa » — ou sous sa forme longue — puxa vida —, épanouie sous l’emprise d’un lyrisme qui confine à l’oxymore compte tenu du signifié, une interjection qui, selon le contexte, marque la surprise, l’impatience, la déception, la fâcherie, le malaise. Des sentiments divers et variés, comme l’est notre nationale — quoique avant tout méridionale — « putain », dont l’usage intensif avait fort étonné l’enfant que j’étais encore, lorsque mes parents avaient emménagé en Occitanie. Putain, que c’est loin tout ça et que c’est frais dans ma mémoire, celle du cœur mieux encore que dans celle du cerveau...

Ce rapprochement avec « putain » ne tient pas du hasard, puisque le « puxa » brésilien que certains, dans un élan de paradoxal purisme, voudraient voir écrire « pucha », n’est qu’un euphémisme du mot « puta », que je ne crois pas nécessaire de traduire.

« J’ai lu le journal aujourd’hui, puxa vida, 4.000 trous à Blackburn, Lancashire. » Étonnant, non ? Je me demande pourquoi il me faut citer ce vers traduit d’une chanson des Beatles. D’autant que des trous, nous en avons des milliers aujourd’hui encore à Vitória et dans tout le Brésil. Des millions même. Mais revenons à d’autres trous, plus petits : « j’ai lu le journal ce matin, puxa vida, 6 homicides la nuit dernière dans le grand Vitória ».

Et comme tout finit par des chansons, je laisse le soin à Arrigo Barnabé d'en pousser une :

“Uma fera, uma fada, uma bruxa
Uga Uga, Uga, Uga-uga
Me avisaram que era cilada
Puxa vida, eu não sei quem me disse
Se a Xuxa, a Chita ou Alice”

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