27 novembre 2011

Des Illuminati à la télévision, ou comment on lave les cerveaux

Comment vient une idée ? Je digérais mon copieux petit déjeuner et j’en étais là de ma réflexion quand m’est apparu qu’il fallait d’abord que je vérifie ce que le signifiant « idée » voulait dire. C’est que si l’on se fait des idées sur tout un tas de choses, dérisoires aussi bien que des plus sérieuses, je pouvais aussi bien me faire des idées quant au mot « idée ». Chimère, illusion, rêve, vision ? Ou bien d’autres signifiés encore ? « Ce que l'esprit conçoit ou peut concevoir », me dit en première instance le TLF, qui, soit dit en passant, est le plus complet d’entre les dictionnaires de la langue française.

Ma question devenait : « comment mon esprit conçoit-il ou peut-il concevoir ? » Passent par la tête, comme on dit vulgairement, quelques bribes d’idées et, avec un peu de chance, cristallise un discours. Un peu de chance ou quelque obsession.

Ce blog(ue) étant ouvert à toutes mes digressions, je risque de me perdre en route et d’oubier le motif de ce billet. Mais qu’importe ! Du moins pour ceux qui sont et seront encore là et qui ont, je le confesse, bien du mérite.

Je lisais ce matin un curieux article de la Folha de São Paulo (version papier) sur une organisation secrète, les Illuminati, à laquelle appartiendraient Lady Gaga et bien d’autres étoiles de la musique populaire, aussi populaires que nulles sur le strict plan musical, quand m’est (re)venue l’idée, certes modeste — mais quel mal y a-t-il ? —, que, aussi farfelue soit la théorie d’un complot des Illuminati qui, paraît-il, circule sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête, il y a bel et bien une entreprise de décervelage généralisée et qui n’a pas besoin de se cacher qui est à l’oeuvre depuis maintenant quelques décennies et qui est régulièrement dénoncée, j’ai nommé la télévision.

Rien de bien nouveau, donc. Mais c’est le propre des idées de faire retour. Ou, mieux encore, de boucler. Nous le savons bien : David Pujadas et Lady Gaga, même combat. Au point qu’ils se confondent en David Gaga et Lady Pujadas. Je ne prendrai pas la peine ici de développer ce qui a été fait par ailleurs maintes fois et avec beaucoup de patience. Je renvoie donc à, par exemple, Guy Debord et Pierre Bourdieu.

Si vous êtes encore là, c’est que vous n’êtes pas devant votre poste de télévision, ce qui est tout à fait méritoire. Mais aussi salutaire.

La musique dite pop, le spectacle télévisé du monde, ou encore de larges domaines de l’art contemporain, tout concourt, tu le sais aussi bien que moi, à la glorification du succès, qui se mesure en millions de dollars. Jeff Koons ou Michael Jackson, quelle différence, sinon au bilan comptable ? Ou encore la chronique cinéma des émissions de télévision qui se résume à une caisse de résonnance du box office : combien va faire d’entrées le nouveau film à grand spectable de Jean-Jacques Annaud ?

Bon, nous le savons. Et alors ? Et alors c’est là que le bât blesse : nous ne faisons rien, nous nous laissons doucement endormir. D’autant que, tandis que nous dansons le tango de l’ennui, il n’y a plus de François Béranger pour nous gueuler dans les oreilles « Anasthasie, l'ennui m'anesthésie »...

Malgré tout, ici ou là, je sens ou je veux croire que, petit à petit, l’idée cristallise et qu’il convient de la laisser travailler doucement, lentement. Afin que de l’indignation les foules passent à l’action.

Ainsi prend fin, provisoirement, ce billet, à peine ébauché, sans queue ni tête mais avec idée fixe.
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