07 février 2012

Ce que l'on sait du « suicide » de Vladimir Herzog

A-t-on jamais vu un pendu dont les pieds traînent sur le sol ? Au temps de la dictature qui a plombé le Brésil de 1964 à 1985, ce n'était pas inhabituel. Des photos en témoignent. Vladimir Herzog (Vlado), journaliste et militant communiste, est un de ces suicidés. Un apprenti photographe de la police civile a « documenté » la mort de Vlado.

Fils d'un Chinois et d'une Brésilienne, Silvaldo Leung Vieira est amené dans les caves du DOI-Codi (Destacamento de Operações de Informações – Centro de Operações de Defesa Interna) jusqu'à la cellule où a été mis en scène le « suicide » de Vlado. Après avoir manifesté des réserves, alors que se répétent les mêmes sinistres mascarades, Silvaldo profite d'un congé pour émigrer aux États-Unis.

Près de 40 ans plus tard, un journaliste de la Folha de São Paulo a recueilli son témoignage en Californie : « Tout était manipulé et, malheureusement, j'ai fait partie de cette manipulation ». Silvaldo travaille actuellement pour le Good Shepherd Center, une organisation caritative venant en aide aux femmes et aux enfants sans abri. Malgré l'amnistie, Silvaldo est toujours considéré comme déserteur. Un emploi au consulat du Brésil à Los Angeles lui a été refusé à l'époque du gouvernement de Fernando Henrique Cardoso. Il rêve aujourd'hui de pouvoir rentrer au Brésil et y retrouver sa mère, octogénaire. Le gouvernement de Dilma sera-t-il plus généreux ?

O Bêbado e a Equilibrista, une chanson de João Bosco évoque Vlado, décédé des suites des tortures qui lui ont été infligées. Cette chanson, reprise ici en chœur par le public, a été un des hymnes de l'opposition à la dictature.


Un billet du blog Vida Curiosa nous offre une lecture commentée de cette chanson.

L'article de la Folha, où figure la trop fameuse photo, peut être accessible ici.
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