15 mars 2012

Bris de verre

Jonathan Taplin ? Inconnu au bataillon ! Ne fait pas partie de mon bataillon imaginaire. Mais un vieux mec qui trouve que Bono aime trop la compagnie des puissants est a priori du bon côté de la barricade. Et quand il dit que si aux États-Unis les personnes se sont résignées, sont devenues obèses et arrogantes, c'est parce qu'elles disposent de 500 chaînes de télévision, ça ne peut pas laisser indifférent. À mon humble avis, l'arrogance ne date pas de l'avènement de la téloche, mais qu'importe ! En revanche, sur la résignation, je suis bien d'accord. D'ailleurs, il y a belle lurette que cette foutue tv, soi-disant multiple, est l'instrument numéro un de la désinformation et de notre aliénation, un instrument totalitaire, donc. Si nous voulons un jour reprendre le contrôle de nos vies, il faudra supprimer toutes les chaînes, sauf une. Et celle-là, unique, il faudra en avoir le contrôle, non pas en la servant sur un plateau à un gouvernement, fut-il pavé des meilleures intentions. Une coopérative devra gérer cette télé unique, en liaison avec son comité des téléspectateurs. Une télé que je n'aurai jamais l'occasion de regarder, c'est certain !

Je n'embrayerai pas sur la télévision brésilienne, cela nous plongerait trop bas. Asseyons-nous plutôt à la table d'un restaurant. J'ignore pourquoi mon vis-à-vis est nerveux, au point de heurter un verre, de le faire basculer et de ne pouvoir l'empêcher de se briser. Pour le mettre à l'aise, je lui dis que je n'ai jamais cassé autant de verres que depuis que je vis au Brésil. Et c'est vrai. Les fabricants ont trouvé le filon : le verre cassable. Made in Brazil, ces verres ? Pas toujours. Nous en avions acheté des turcs. Pas mieux. Et ça me fait penser aux pneus. Leur qualité n'est pas forcément en jeu, ils peuvent produire les meilleurs pneus du monde, ils feront difficilement 25.000 kilomètres. Sur ce coup-là, c'est le déplorable état des routes qui fait la fortune des manufacturiers. Verres, pneus, la liste est ouverte à vos témoignages. Résultat, la consommation s'en trouve stimulée, cela aide à la croissance du PIB, mais ça ne participe pas de l'accumulation des richesses. Quelle serait la croissance réelle s'il n'y avait ces besoins artificiellement gonflés du fait de la mauvaise qualité, voulue ou non, des produits, des infrastructures et des services ?

Photo (c) PixeLuz / Francis Juif
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