01 novembre 2012

Des mille et des cents

Admirable jour de la Toussaint ! Fêter tous les saints du calendrier et, accessoirement, de l'Église le même jour, quelle admirable trouvaille ! Mais comme si ça ne suffisait pas, on a rajouté le lendemain la fête de tous les morts, la fête des défunts ordinaires, les femmes de mauvaise vie et les enfants de salaud itou. Bon, en France c'est la Toussaint qui est fériée, tandis qu'au Brésil c'est le jour des morts. Finados, qu'ils disent. Finasseries !

Et puisque j'évoque la mort, parlons de virus, de la saloperie de virus qui m'a jeté au trente-sixième dessous pendant quelques jours. Les médecins sont sympas – comme les routiers, autrefois. Quand ils ne savent pas ce qui vous rend malade, ils ont la belle excuse, une virose. Admirable trouvaille, elle aussi que la virose à géométrie variable. Est-ce l'effet du troisième âge, de la séniorité qui s'affirme, toujours est-il que ces putains de virus deviennent salement méchants. Au point que j'en suis venu à penser que j'allais crever, sans autre forme de procès. Et, après tout, cela vaudrait peut-être mieux ainsi. Une mauvaise grippe et, hop, direction le crématorium ou le cimetière.

Le bon côté de la chose – puisqu'il en faut un –, c'est que ça me donne l'occasion de revisiter le passé. Et moi, quand je revisite le passé, je le fais en musique. Est-ce parce qu'en septembre j'ai rendu visite à l'ami Jean-Charles que je me suis remis à écouter Neil Young. L'idée soudaine m'est venue entre deux quintes de toux de télécharger After The Gold Rush. C'est le genre de disque qui nous servait de bande son quand on avait 20 ans et qu'on se réunissait le samedi soir chez Félix, pour commencer la soirée et même le week-end. Neil Young, c'est un peu genre grand frère, le frangin un peu triste qui vous console de vos propres tourments. Bon, à cette époque-là, je sortais de chez Félix et je poursuivais souvent la nuit du côté des frères M. Et c'était une autre paire de manche. Et ça picolait sec. Ou raide. Et je connaissais des dimanches difficiles...

C'est quoi ce billet ? La chronique de ma petite vie de néo-sexagénaire. Une chronique à chier, autant dire. Bon, j'ai repris quelques forces. La preuve, c'est que je tape ce texte à tout berzingue, en attendant le prochain client.

Et puis, ces billets se font rares. Faut dire que je me suis imposé une règle, histoire de me donner des excuses pour ne pas avoir à trop écrire. Désormais, je ne publierai de nouveau texte que lorsque le dernier aura eu au moins mille lecteurs. Ça me laisse le temps de vivre. Et de réécouter les vieilleries. Une règle faite pour ne pas être respectée. Éventuellement. Au cas où le Brésil prendrait un virage imprévu. Ce qui n'est pas près d'arriver !
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