09 mai 2014

Aéroports du Brésil : ça bat de l'aile

Alors qu'approche le lancement de la Copa (le 12 juin), les critiques des Brésiliens – mais surtout de la presse – sur les retards de la rénovation des aéroports redoublent. Que vont penser les touristes étrangers qui vont débarquer au Brésil au mois de juin, s'interrogent-ils. Ou font-ils semblant de se demander, car, à dire vrai, cette campagne de presse vise en premier lieu à discréditer un peu plus le gouvernement actuel, Dilma en tête, alors que dans quelques mois auront lieu notamment les élections présidentielles. Depuis plusieurs mois, les propriétaires des journaux et des chaînes de télévision ne ménagent pas leurs efforts pour critiquer le PT et ses leaders, ministres et présidente en tête, en utilisant en premier lieu tout ce qui touche de près ou de loin à la Coupe du monde, sujet particulièrement sensible dans un pays comme le Brésil, où le football est vécue comme une religion.

Et s'il est vrai que les faits pourraient donner à première vue raison aux médias brésiliens, il ne faudrait toutefois pas oublier que la situation n'aurait pas été différente avec un autre gouvernement sous la botte d'un autre parti – le PSDB de José Serra et Aécio Neves, par exemple. En effet, le manque de planification, l'indolence, l'incompétence et la corruption sont parmi les qualités les mieux partagées par les Brésiliens, des qualités qui, soit dit en passant, gagnent aussi du terrain dans nombre de pays d'Europe, au premier rang desquels la France.

Mais revenons à nos avions. On me rapportait ce matin les propos d'une Brésilienne qui, rentrant de Miami où elle était allée faire ses courses, aurait éprouvé de la honte en (re)découvrant l'état de l'aéroport de Guarulhos (São Paulo, pour les lecteurs qui ne connaîtraient pas). Cette pauvre dame aurait ajouté une tirade sur la déception que ressentiraient bientôt les supporteurs étrangers arrivant en hordes échevelées pour soutenir leur équipe. Mais seront-ils déçus ces touristes ? Qu'on me permette d'en douter, pour plusieurs raisons. La première est qu'ils vont venir avec d'autres idées en tête que de prêter attention aux aéroports. La seconde est que s'ils y prêtent attention, ils ne seront pour la plupart guère surpris par leur état. En effet, quelle est l'image que ces étrangers ont du Brésil à l'heure actuelle ? Les préjugés ayant la peau dure, même si le Brésil a gagné ses galons de puissance émergente, restent dans la tête de beaucoup les clichés que l'on associe aux pays du tiers-monde. Par conséquent, le mauvais état des aéroports ne viendra que renforcer ses préjugés, un point c'est tout.

Cela étant dit – salut Raymond –, les Brésiliens ont-ils raison de se plaindre ? Sans doute oui, car le Brésil est suffisamment riche et développé pour bénéficier d'infrastructures de qualité. Mais tant que manquera la volonté politique – et ce que j'ai déjà souligné plus haut – il en restera ainsi. Je n'en dirai pas plus, par peur de me répéter. Et aussi parce que cela me fatigue !

Photo : Francis Juif

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