28 février 2006

La gloire de nos pères

Le carnaval entre dans sa dernière ligne droite. La tradition veut qu’il s’achève le mercredi midi, mais peu de gens reprennent le travail ce jour-là. Il est vrai que, comme l’a fait remarquer Lula hier dans une interview, ces jours de repos sont bien mérités, les Brésiliens travaillant dur, et même très dur. Et j’ajouterai qu’ils travaillent encore plus dur à tout ce qui touche au carnaval. Sans recevoir, pour autant, de salaires, mis à part quelques reines et princesses à qui sont attribuées des primes, certes enviables. Le carnaval est une preuve de plus qu’en matière de travail — de travail bien fait, s’entend — la principale motivation est le plaisir et non l’argent. Certains patrons le savent et en jouent, d’autres ont le tort de l’ignorer.

Les défilés des écoles de samba de Vitória ayant lieu une semaine avant ceux de São Paulo et Rio (lire article), depuis quelques jours et jusqu’à cette nuit le carnaval se déploie dans tout l’Espírito Santo en une multitude de défilés de rue où rivalisent, sans compétition, les blocos. Celui de Manguinhos, qui s’est tenu samedi, a ma préférence, qui se termine par un bain de mer où sont abandonnés les costumes de papier crêpon. Une légende prétend que la mer se pare alors des couleurs de l’arc-en-ciel, mais notre photographe, dépéché sur place, n’en a rien vu. Sans doute avait-il trop bu...

La grande nouveauté cette année, pour nous Capixabas, a été le défilé à Rio de Caprichosos de Pilares qui rendait hommage à notre État. Sans chauvinisme aucun, je dois dire que le samba de enredo a magnifiquement mis en valeur son Histoire, son patrimoine, ses richesses et ses charmes. Quatre des trente-neuf alas étaient même réservées aux danseurs venus de l’Espírito Santo. Parmi eux, les Indiens Tupiniquim, qui n’avaient nul besoin de se déguiser, ont fait sensation. Remarquables aussi ont été les Poméraniens qui perpétuent dans nos montagnes des traditions aujourd’hui éteintes à la frontière entre l’Allemagne et la Pologne. A la veille du dépouillement des votes à Rio, la question est posée : en l’emportant, Caprichosos va-t-elle ajouter encore à la gloire de nos pères capixabas ?
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