09 février 2006

Sur les traces du Vice-roi d'Ouidah

Après un séjour de deux jours en Algérie, qui n’a donné lieu à aucune surprise, Lula s’est envolé vers le Bénin. Pourquoi, sans lui faire offense, un petit pays comme le Bénin ? C’est que, au moment du vote sur la réforme du Conseil de Sécurité de l’ONU, le Bénin pésera autant que n’importe quel autre membre, mais présente un avantage que compte mettre à profit la diplomatie brésilienne, un lien historique méconnu, certes ténu, mais dont il s’agit de faire résonner la fibre sensible : l’ex Dahomey a accueilli des esclaves brésiliens affranchis ayant décidé de faire retour sur leurs terres d’origine, un peu à la façon des anciens esclaves nord-américains s’établissant au Libéria. Aujourd’hui, c’est dans les régions de Porto Novo et Ouidah, villes fondées par les Portugais, que se trouve rassemblé l’essentiel de cette communauté de descendants d’esclaves brésiliens.

L’écrivain anglais Bruce Chatwin compte leur histoire dans un livre, Le Vice-roi de Ouidah, qu’il ne serait pas inutile de lire ou relire au moment où en France l’on débat sur les avantages et inconvénients du colonialisme.

Un message personnel : si, par le plus grand des hasards, un neveu ou une petite-fille de Monsieur Ogoundele me lit, qu’il ou qu’elle lui transmettre mes amitiés, à lui qui nous a sortis, quelques amis français et anglais, d’une situation inextricable en février 1981. Encore merci, Monsieur Ogoundele, qui devez être aujourd’hui un très vieux sage du côté de Porto-Novo. Ou au Paradis, mais dans ce cas, mon message vous est déjà parvenu.
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