27 mars 2006

Ce que les Brésiliens — et les autres — pensent de l’économie de marché

L’université du Maryland a l’habitude de comparer les opinions sur une même question à travers le monde. L’étude publiée le 3 mars nous livre un état de l’opinion sur l’économie de marché.

57% des Brésiliens se disent d’accord avec l’assertion suivante : “La libre entreprise et l’économie de marché constituent le meilleur système sur lequel fonder l’avenir de notre monde”. Le Brésil n’est pas très éloigné de la moyenne (61%) obtenue dans les 20 pays étudiés. D’autant que 13% des Brésiliens, soit refusent de répondre à cette question, soit disent ne pas avoir d’avis.

La méthodologie retenue au Brésil diffère de celle employée dans les pays dits du Primeiro Mundo. C’est en face à face, et non au téléphone, que les entretiens ont été réalisés afin de ne pas limiter le sondage aux seuls abonnés au téléphone fixe. Plus précisément l’enquête a été menée dans les villes de Belo Horizonte, Brasília, Curitiba, Florianópolis, Porto Alegre, Recife, Rio de Janeiro, Salvador. Même si ma bonne ville de Vitória est absente, je prends le risque d’affirmer que ces villes sont représentatives de la population urbaine, soit plus de 80% de la population du Brésil. Sans doute est-ce une faiblesse méthodologique, mais elle ne remet pas en cause, selon moi, son intérêt.

Des 20 pays sondés, un seul voit une majorité de la population n’être pas d’accord avec l’assertion citée plus haut. C’est la France. Faut-il s’en étonner ? Est-ce un hasard si la France est aussi l’unique pays où la jeune génération croit majoritairement qu’elle connaîtra un sort moins enviable que celui de la génération de ses parents ?

France mise à part, faut-il en conclure que l’opinion mondiale décerne un blanc-seing à l’économie de marché ? Certes pas puisque 65% (moyenne mondiale) considèrent que la libre entreprise et l’économie de marché sont d’autant plus efficaces pour l’intérêt général qu’elles sont fortement réglementées par l’État. Ils ne sont que 59% à le penser au Brésil. Mais ce n'est, sans doute, que l'effet du manque de confiance dans les institutions et surtout dans leurs acteurs actuels. D’autres questions permettent de mieux cerner ce résultat.

Ainsi, l’écrasante majorité des Brésiliens souhaitent une intervention plus grande de l’État sur les questions d’environnement (88%), de protection du droit des travailleurs (90%), de protection du droit des consommateurs (87%).
Au total, l’on voit se dessiner une opinion brésilienne, proche de l’opinion mondiale, qui n’envisage pas de meilleur système économique pour le futur que la libre entreprise et l’économie de marché, mais qui souhaite faire d’un État fort l’arbitre du jeu économique et social.
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