27 mars 2006

Le CPE vu du Brésil

Les jeunes ont peur, me dit un ami, enseignant en France et fin observateur des choses de ce monde. Et, ajoute-t-il, ils ont sans doute raison. Raison d’avoir peur ? J’avoue que, si c’est bien cela que mon ami a voulu dire, je ne le suis pas. La peur est mauvaise conseillère. Si c’est la peur qui (se) manifeste, la France va indéniablement droit dans le mur.

A mon humble avis, les jeunes auraient plutôt raison de s’interroger sur leur avenir. Sans pour autant le craindre. Jamais la France, jamais le monde n’ont été aussi prospères. L’homme se trouve aujourd’hui face à de gigantesques défis à relever : la préservation de l’environnement enfin possible, l’éradication de la pauvreté pour la première fois à notre portée, l’invention d’une nouvelle gouvernance du monde absolument nécessaire. Voilà qui devrait les exalter, leur donner envie de penser et de retrousser leurs manches.

Quelle image de la France ! s’exclame mon ami, inquiet sans doute de la caricature qu'en livre une certaine presse internationale. Je puis tout juste parler du Brésil. Ici les réactions sont ambivalentes. D’un côté l’on s’étonne qu’un pays du Primeiro Mundo, comme on appelle ici les anciens pays développés, manifeste de l’insatisfaction. De l’autre, on reconnaît une certaine capacité aux Français à manifester leur mécontentement à leur gouvernement. Il faut dire qu’ici, si le code du travail, établi lors du rétablissement de la démocratie, est des plus favorables aux travailleurs, il n’a qu’une portée limitée. Grosso modo, la moitié de l’activité est informelle et, par conséquent, échappe aux lois. Mais il faut comprendre que sans cette économie parallèle, le niveau de vie serait bien inférieur à ce qu’il est. Et, en toute honnêteté, je dois admettre que cela donne des arguments à ceux qui plaident pour un assouplissement des contraintes administratives et un abaissement de la charge fiscale.
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