20 mars 2006

Flexibilité

Pour l’économie brésilienne fortement exportatrice, l’évolution du taux de change du real par rapport au dollar et, par ricochet, à l’euro constitue un paramètre crucial. Si lors de l’accession au pouvoir de Lula, l’on pouvait acheter 4 reais pour 1 dollar, l’on guette désormais le jour, qu’on nous annonce prochain, où 1 dollar ne vaudra plus que 2 reais. Selon le Financial Times, de toutes les monnaies le real est celle qui s’est le plus appréciée en relation au dollar ces trois dernières années. Sans surprise, une des conséquences de ce phénomène est le ralentissement de la croissance des exportations observée depuis janvier 2005.

Un real fort n’a pourtant pas que des inconvénients. Il permet, entre autres, d’importer à moindre coût ou de réduire le poids des dettes libellées en dollars ou en euros. Il y a longtemps que la situation n’a pas été aussi favorable pour les entreprises brésiliennes soucieuses de s´équiper en machines-outils afin d’améliorer leur productivité et de raffermir leur compétitivité à l’exportation. Les entreprises brésiliennes jouent-elles cette carte ? Les fabricants de machines-outils états-uniens, européens et japonais démarchent-ils leurs prospects brésiliens ?

Les variations du cours du real, qui vont bien au-delà des oscillations habituelles, obligent les entrepreneurs brésiliens à faire preuve de flexibilité. A 4 reais pour 1 dollar, quelles décisions prendre à court terme ? Et à 2 reais pour 1 dollar ? L’exercice n’est certes pas facile, et l’être humain, qu’il soit brésilien ou français, ne goûte en général que fort peu aux incertitudes.

Outre-atlantique, en Europe, des centaines de milliers d’étudiants et leurs parents ont manifesté samedi contre le Contrat Première Embauche (CPE) que les syndicats patronaux ont obtenu de leur gouvernement, au nom de « la nécessaire flexibilité ». Sur ce thème, comme sur tant d’autres, on exige souvent plus des autres que de soi-même.
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