26 avril 2006

"Boliviano !" ou "Bolivia no !" ?

Le torchon brûlait depuis quelques semaines entre Eike Batista et le gouvernement bolivien. Hier, l’entrepreneur brésilien a jeté l’éponge, il se retire de Bolivie. 60 millions de dollars avaient déjà été investis dans la construction à Porto Quijaro de deux des quatre hauts-fourneaux prévus, 20 millions supplémentaires seront dépensés pour les démonter et les reconstruire ailleurs, au Brésil (Amapá ou Mato Grosso) ou au Paraguay.

Qui croire des deux parties en conflit ? Eike Batista se dit persécuté par le gouvernement bolivien pour s’être allié à la famille Monasterio, ennemie politique numéro un d’Evo Morales. Les cinq ministres boliviens qui se sont déplacés, ensemble, pour rencontrer Batista l'accusent de ne pas avoir respecté les lois environnementales et d’avoir contourné l’interdiction faite à une entreprise étrangère de s’installer à moins de 50 km de la frontière.

« Jai été traité comme un voleur, affirme Batista dans une interview à la Folha de São Paulo. Nulle part je n’ai été reçu de cette manière. Ils ont été d’une grossièreté, d’une agressivité ! »

De son côté, Evo Morales a déclaré à la chaîne brésilienne TV Cultura : « La Bolivie ne veut pas d’usurpateurs et d’entrepreneurs comme ceux qui exploitent les ressources naturelles du pays depuis 500 ans. »

L’impossibilité de parvenir à un compromis laisse mal augurer du futur de la Bolivie sous Morales. Peu à peu se précise l’image d’un leader populiste plus intéressé par la réthorique que par la recherche de solutions pragmatiques au sous-développement.
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