06 avril 2006

Farmácia Popular

Acheter son aspirine au prix coûtant, c’est possible. Aujourd’hui est inaugurée la 128ème Farmácia Popular, où les médicaments seront vendus entre 30% et 90% moins cher — la majorité avec un rabais de 70%. Un exemple : le comprimé de paracétamol (500 mg) à 9 centavos, soit moins de 4 centimes d’euro.

Cela se passe à Cariacica, une des municipalités du Grand Vitória, l’une des plus peuplées et des moins développées (Indice onusien de Développement Humain de 0,75 quand celui de la capitale capixaba est de 0,86). La Farmácia Popular est ouverte à tous, d’où qu’ils viennent et qu’ils bénéficient du système public de santé ou non, pourvu qu’ils soient munis d’une ordonnance. Mais, s’étonneront peut-être les lecteurs français, les médicaments ne sont pas remboursés !? En effet, ni par l’INSS (la Sécu brésilienne), ni par les mutuelles et les assurances privées.

Pour les habitants de Cariacica et des environs, la nouvelle est d’importance. Jusqu’alors, beaucoup devaient arbitrer entre se nourrir et se soigner. Comme dans les villes où une Farmácia Popular a été implantée depuis deux ans, des vies seront sauvées.

Qui se cache derrière ce « miracle » économique ? La Fondation Oswaldo Cruz, l’équivalent brésilien de l’Institut Pasteur. En achetant de gros volumes, en les distribuant dans des locaux dont l’aménagement rappelle celui des hard-discounters comme Aldi ou Lidl en Europe, la part subventionnée est réduite au maximum.

C’est certes un pis-aller. On peut regretter qu’il n’y ait toujours pas de système généralisé efficace de santé — qu’il soit géré par le public ou le privé. On peut lutter pour y parvenir. Mais les plus précaires peuvent-ils attendre ?
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