21 juillet 2006

France bolivarienne

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) vient de publier son Rapport sur les pays les moins avancés 2006. À en croire la presse française en ligne, il convient d’en retenir que les cinquante pays les plus pauvres du monde ne parviendront à se développer que s'ils créent des capacités de production et des emplois. C’est tout ? À les en croire, oui. Dois-je sérieusement en conclure que des experts — sans doute une belle brochette d’économistes — ont été grassement payés par la CNUCED pour enfoncer une porte ouverte ? Ou bien n’est-ce que le seul message qu’ont su capter les journalistes chargés de lire le rapport ? Si je m’appelais Double Z, je dirais qu’il y a des coups de boule qui se perdent...

Ah moins que... le message ne soit destiné aux responsables politiques français. Car ce qui est vrai du Mali l’est aussi de la France. La sortie de crise ne se fera pas à coups et coûts d’aides sociales, mais par la relance d’activités créatrices d’emplois. C’est une évidence. Et pourtant, aucun gouvernement français ne parvient à en tirer les conclusions. Au point qu’il n’est pas interdit de se demander si l’évidence ci-dessus énoncée n’est pas déniée ?

Depuis des décennies, l’Amérique du Sud est confrontée au même problème : comment passer d’un système social fondé sur l’inégalité qui aboutit à la coexistence de deux niveaux de développement humain à un système qui privilégierait un développement plus harmonieux ? Deux voies sont aujourd’hui mises en oeuvre. L’une, de type soi-disant bolivarienne, a fait de l’aide sociale, financée par les revenus du pétrole, son premier principe d’action. L’autre, de type lulienne™, accorde la primauté à la création d’emplois formels. Cette seconde option produit ses effets plus lentement que la première et ne garantit pas au président la réélection.

Du coup, j’en viens à me demander s’il n’y a pas quelque chose de bolivarien en France. Et me revient l’information, saisie sur un blog de passage, selon laquelle les comités bolivariens fleuriraient en France. Si c’est vrai, c’est à mourir de rire. Il va falloir leur rappeler que, contrairement au Vénézuéla, la France n’a pas de pétrole. Et, en matière d’idées, des idées frelatées.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...