28 novembre 2006

Charbon au noir

S’il n’est pas impossible que l’élection de majorités démocrates au Congrès et au Sénat des États Unis produise ses effets en Irak, il n’est pas non plus impossible qu’il en soit de même au Brésil.

Des dénonciations adressées aux représentants Eliot Engel (New York) et Dennis Kucinich (Ohio) pointent l’utilisation d’une main d’oeuvre réduite à l’état d’esclavage dans la fabrication au Brésil de pièces détachées automobiles, de tracteurs, d’éviers et de baignoires. Selon Bloomberg, des marques connues, comme Toyota et General Motors, seraient indirectement visées. Indirectement, car est mise en cause la production en Amazonie du charbon qui entre dans la fabrication de l’acier utilisé par les industriels cités plus haut.

Les parlementaires américains s’appuient sur une loi de 1930 qui interdit l’importation de produits résultant de travaux forcés. Cette loi, qui n’est appliquée qu’aux moments jugés opportuns, constitue un outil parmi d’autres pour des Démocrates soucieux de renvoyer l’ascenseur à la part de ses électeurs préoccupée par les effets de la mondialisation sur l’emploi aux États Unis.

Cette affaire donne l’occasion au gouvernement Lula de démontrer que la lutte contre l’esclavage, dont il a fait une priorité, prime sur les revenus des exportations.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...