13 novembre 2006

La chasse à l'éléphant

Les lecteurs accidentels de ce blog y viennent, le plus souvent, suite à une requête innocemment déposée dans ce qui s’appelait il y a dix ans un moteur de recherche et qui s’appelle aujourd’hui Google. La consultation du libellé de leurs recherches ne cesse de m'étonner. Ne donnent-elles pas un aperçu des préoccupations de nos supposés semblables et, en l’espèce, une image en creux du Brésil ?

J’en relève trois ce jour. Un Champenois s’inquiète de savoir s’il existe des écoles en Amazonie ! Sans préjuger de ce qui a motivé pareille question, cela laisse songeur sur la perception qu’a cet internaute de ladite région. Lui dira-t-on un jour que l’un des plus beaux opéras au monde se trouve au coeur de l’Amazonie ?

Un autre, client de Club Internet, voudrait connaître le bilan des meurtres d’Indiens sous Lula. Ce bilan n’est hélas pas nul. Et, peut-être pire encore, les assassins sont rarement pris et moins encore condamnés.

Un troisième, qui s’est connecté en Bulgarie — c’est une provenance plutôt rare, s’agissant de mes lecteurs —, pose sa question en termes limpides : « Les Brésiliens travaillent-ils ? »

Au total, cela compose une étrange image de ce pays, mais une image cohérente. Au Brésil, où l’on ne va ni à l’école ni au boulot, les habitants passent leurs journées à chasser, y compris l’Indien.

J’avais huit ou neuf ans quand papa avait reçu sa mutation pour le Dahomey. De retour de ce pays, où il avait vécu, un voisin de mes copains avait raconté qu’on n’y allait à l’école qu’une heure le matin et que l’on passait le reste de son temps à chasser l’éléphant. Bien que j’aimais l’école, cela m’avait plongé à mes moments perdus dans d’exotiques rêveries. Un détail : j’habitais une rue Auguste Comte — une rue qui me prédestinait à vivre au Brésil...
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