13 novembre 2006

Le drapeau rouge flotte sur le Planalto

C’est comme si le Brésil — du moins ses journalistes — n’en revenait pas. Pas un journal, pas une télévision qui n’ait mis la nouvelle en une. Même l’excellent Alexandre Garcia en a fait son éditorial du matin sur Globo. Un communiste est à la tête de l’État, rendez-vous compte ! Président de l’Assemblée législative, Aldo Rebelo assume l’intérim, en l’absence de Lula en campagne électorale — celle de Chávez, au Vénézuéla — et du vice-président José Alencar, aux États Unis où il soigne un cancer. Aldo Rebelo aurait pu la jouer discrète, il n’a pas résisté aux charmes de la présidence. Et de décorer Marilson dos Santos, récent vainqueur du marathon de New York, et de se lancer dans une conférence de presse improvisée où il est question d’ouvrir les archives de la dictature, et d’accuser réception des doléances d’un leader syndical sur la nécessité de virer le président de la banque centrale, et de recevoir le groupe parlementaire de son parti pour lui faire faire le tour du propriétaire... Il y a une limite qu’Aldo n’a toutefois pas osé franchir : s’asseoir dans le fauteuil lulien.

Ce crime de lèse majesté a beau avoir été évité, reste que Lula n’a pas été le moins troublé par tant d’initiatives prises par son successeur. Au point qu’au début du discours adressé au querido Chávez, Lula a fait de son hôte le président de la Bolivie. Evo Morales, dans les tribunes, a dû apprécier.Un communiste président du Brésil, Chávez président de la Bolivie, et pourquoi pas Fidel président du Vénézuéla ? Après la râclée qui lui a été infligée la semaine dernière, il ne sera décidément rien épargné à Goerges W.

Nous nous en souvenons, Zé Dirceu avait démissionné, Antonio Palocci avait démissionné. C’est aujourd’hui au tour d’un troisième mousquetaire de suivre leur exemple. Figure historique du PT et Japonais de service, Luiz Gushiken n’est plus en charge des affaires stratégiques. La raison de cette nouvelle démission : une affaire abracadantesque de surfacturation de matériel électoral lulesque. Reste le quatrième mousquetaire : Lula en personne. Qui n’a pas encore démissionné, mais qui est déjà remplacé. Par un communiste !
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