02 janvier 2007

Retour de bâton

L’hyper-puissance avait voulu punir les gouvernements latino-américains qui avaient refusé de signer un traité bilatéral d’immunité avec elle, consistant à s’engager à ne pas poursuivre ses citoyens devant la Cour pénale de justice internationale. Ainsi, onze pays, dont le Brésil, se trouvaient privés depuis 2003 des programmes d’instruction offerts à leurs militaires.

L’hyper-rivale de l’hyper-puissance a bien compris tout le profit qu’elle pouvait en tirer. Depuis trois ans, les liens entre l’Armée populaire de libération et les états-majors, non seulement du Venezuela et de Cuba, mais aussi du Chili et du Brésil, de l’Équateur et de la Bolivie, ne cessent de se renforcer.

Ayant compris que la décision de son gouvernement n’avait pas eu l’effet escompté, George Bush a fini par révoquer la loi de 2003 interdisant l’assistance militaire à ces pays. L’École des Amériques, rebaptisée Institut de l’hémisphère occidental, saura-t-elle toufefois renouer avec les gouvernements en place ?

Pour João da Silva, directeur de la communication de l’organisation School of the Americas Watch, une ONG dont le but est de fermer cette école, cité dans le quotidien O Estado de São Paulo, “il s’agit d’un acte désespéré du gouvernement américain pour recouvrer son rôle d’acteur de premier plan dans la région.” Un acte d’autant plus désespéré après les succès remportés par l’Oncle Sam sur le terrain en Irak et en Afghanistan, qui lui servent de vitrine.
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